C’est le produit-phare de la gamme Eco Soleil. Celui sur lequel Thierry Anger fonde de grands espoirs pour l’année 2010. Présentée au dernier Space, Ecoflux est une lampe fluocompacte à basse consommation de nouvelle génération. « Elle s’adapte dans les hublots et les lanternes. Disponible avec un culot à vis ou à baïonnette, elle est compatible avec les systèmes de variateur existants. Vous changez vos ampoules, pas votre installation ! » Le dépliant commercial donne un tableau d’équivalence avec les lampes classiques : l’Ecoflux de 8 watts se substitue aux ampoules de 40 watts, sa « grande sœur » de 13 watts à celles de 70 watts. Pas besoin d’être grand clerc pour imaginer l’intérêt de ce produit dans un secteur comme l’aviculture. Chiffres à l’appui, Thierry Anger estime que la formule peut permettre de réduire la facture d’éclairage d’un poulailler jusqu’à 80 %. « Le retour sur investissement est réalisé en un an ». A l’heure où se profile la disparition progressive des ampoules à incandescence, le marché du « lux » économe s’annonce prometteur pour Eco Soleil…
Chiner des innovations
Cette petite entreprise d’Ille-et Vilaine est née de la rencontre entre Thierry Anger et celle qui va devenir son épouse, Liming, lors d’une mission de formation en Chine. L’ancien agriculteur breton et sa compagne, spécialisée dans le commerce, désirent monter leur affaire. Dans un pays qui comble son retard sur l’occident à la vitesse grand v, les opportunités ne manquent pas. Après avoir un temps envisagé d’ouvrir une crêperie, le couple décide finalement d’inverser la démarche : ils s’installeront en France et importeront le savoir-faire chinois.
Sur place, Thierry a en effet été frappé par le développement du solaire thermique pour la production d’eau chaude sanitaire. « L’appartement de ma compagne était équipé d’un tel système depuis une vingtaine d’années… »
Avec le concours financier du Crédit Mutuel de Bretagne, Eco Soleil voit le jour en 2006. Son créneau : les capteurs thermiques et les chauffe-eau solaires. La société, en s’appuyant sur les compétences de Liming, importe du matériel chinois à destination des particuliers. Mais aussi des agriculteurs. « Mes parents étaient éleveurs de veaux de boucherie. Sachant que c’était une production grosse consommatrice d’eau chaude, je me suis dit qu’il y avait là une carte à jouer ».
Rapidement, la gamme Eco Soleil s’étoffe avec l’arrivée de solutions d’éclairage basse consommation, de pompes solaires… En fonction de ses besoins, l’entreprise établit ses propres cahiers des charges qu’elle impose à ses fournisseurs chinois.
Véritable Géo Trouvetou, Thierry Anger conçoit également chauffe-eau et prérefroidisseur à lait. Fabriqué en Bretagne, ce dernier dispositif permet, par un simple échange de chaleur avec une conduite d’eau froide, d’acheminer vers le tank un lait déjà refroidi aux alentours de 20 ° C et de diminuer ainsi la consommation électrique.
Dans le même esprit, Eco Soleil propose un cogénérateur de pompe à vide. Installé sur l’échappement de la pompe à vide de la salle de traite, il récupère la chaleur émise et l’utilise pour produire de l’eau chaude sanitaire. Comme une nouvelle application de la maxime du chimiste Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».
Des solides références
Installée à Nouvoitou, non loin de Rennes, Eco Soleil, a intégré la holding Serafel au cours de l’année 2009. Employant sept personnes, elle a étoffé son domaine d’activité au fil des ans et propose désormais également des solutions d’économie d’énergie adaptées aux marchés de l’hôtellerie de plein air, des collectivités et de l’industrie. L’agriculture continue toutefois à représenter la majorité de son chiffre d’affaires. Il est vrai que la société y dispose de solides références comme l’équipement de la ferme expérimentale de Denkavit, qui, avec ses 280 m² de capteurs constitue l’une des plus grandes installations françaises de production d’eau chaude solaire en veaux de boucherie.
Jean-Yves Nicolas
Pour plus d’informations : www.ecosoleil.com