Récolte 2010 : ensemencements d'hiver
Les estimations de semis de céréales d'hiver actualisées fin février 2010 prévoient toujours une progression des surfaces de blé tendre (plus de 4,9 Mha contre un peu plus de 4,7 Mha cette campagne, soit une augmentation de près de 4%). Les surfaces ensemencées en orges d'hiver devraient, quant à elles, diminuer de près de 6,4% par rapport à 2009 (1,2 Mha contre 1,3 Mha) du fait du niveau particulièrement déprimé des cours depuis le début de la campagne qui a d'ores et déjà conduit les détenteurs de céréales en France à offrir près de 1 Mt d'orge à l'intervention.
Blé tendre : collecte en augmentation par rapport à 2008/09
La production de blé tendre pour 2009 est estimée à plus de 36,5 Mt, en baisse de 1,4%
par rapport à 2008/09. Malgré ce recul, la collecte devrait progresser et dépasser les 32,4 Mt à la suite de la commercialisation, durant la présente campagne, de marchandises issues de la récolte 2008 et stockées à la ferme.
Céréales secondaires : collecte de maïs à plus de 13,4 Mt
Le niveau de production des orges, estimé à 13 Mt, est exceptionnel. Cette récolte est la conséquence de la hausse des surfaces (+4,7%) d'une campagne sur l'autre mais aussi d'un rendement national record estimé à 69,1 q/ha. La collecte devrait dépasser les 10,5 Mt. A l'inverse, l'estimation de production de maïs apparaît en baisse par rapport à 2008/09 (-2,9%). Elle est évaluée à plus de 15,2 Mt. Ce niveau de production devrait permettre de collecter quelque 13,4 Mt.
Prix des céréales
Les prix du blé tendre et du maïs ont poursuivi leur évolution à la baisse durant le mois de février. Pour le blé tendre, malgré le dynamisme de l'export, l'abondance de disponibilités pèse sur les cours. Le recul se confirme en ce début mars : on cote ainsi 110 €/t (base juillet) pour le FCW1 rendu Rouen. Il en va de même pour le maïs ; le rendu Bordeaux cote 121 €/t (base juillet) contre 123 €/t début février.
En ce qui concerne les orges, le niveau exceptionnel des ressources et la lourdeur du stock de report attendu exercent, là encore, une pression à la baisse sur les cotations. Ces dernières atteignent 91 €/t rendu Rouen (base juillet) mais surtout 79 €/t en départ zone de production. Ce prix peut paraître surprenant mais il montre surtout que les acteurs du marché doutent de l'existence de capacités de stockage suffisantes, capables de loger l'ensemble des stocks de report au 30 juin.
Alimentation du bétail : les utilisations de blé tendre au niveau de 2008/09
Les fabrications d'aliments, au cours des sept premiers mois de la campagne, ont diminué de 4,2% par rapport à juillet-janvier 2009.
Cette baisse touche l'ensemble des productions (bovins -8,1%, porcins -5,7% et volailles -1,4%). Dans ce contexte les mises en oeuvre totales des trois grandes céréales au cours de la campagne 2009/10 sont maintenues à 9,6 Mt contre près de 10,3 Mt en 2008/09.
Les prévisions d'incorporation de blé tendre sont ramenées à 5,2 Mt soit un niveau équivalent à celui de la campagne précédente. Cet ajustement reflète la baisse de la demande en aliments des éleveurs de bovins. Les cours du maïs sont, depuis le début de la campagne, plus élevés que ceux des céréales concurrentes. Ils pénalisent donc l'utilisation de cette céréale dans les formulations. Les mises en oeuvre de maïs par les fabricants d'aliments du bétail sont toutefois revues en hausse à 2,7 Mt (-22% par rapport à la campagne 2008/09). Cette augmentation de 0,1 Mt par rapport aux prévisions du mois dernier correspond à une réaffectation, entre céréales, du volume global de grains destiné à l'alimentation animale. Enfin, les incorporations d'orge sont relevées de 0,1 Mt par rapport au mois dernier et portées à 1,7 Mt (contre 1,6 Mt en
2008/09). Le prix de l'orge demeure, en effet, nettement en dessous des deux autres grandes céréales. Cette nouvelle estimation est proche des limites techniques d'incorporation. Le volume maximum d'orge jamais incorporé étant de 2 Mt, volume atteint en 2003/04 (dans un contexte très particulier marqué par une sécheresse sévère)
Exports 2009/10 : bonnes perspectives pour les livraisons de blé tendre et de maïs
Les expéditions de blé tendre devraient globalement diminuer par rapport à la campagne précédente. Les prévisions de ventes vers l'Union européenne sont évaluées à près de 6,8 Mt (+0,1% par rapport à 2008/09) et celles vers les pays tiers sont estimées à 8,8 Mt au vu du dynamisme des exports vers le Maghreb et l'Afrique subsaharienne (du fait de l'absence de l'Argentine). Malgré ce réajustement du volume exporté vers les pays tiers attendu par rapport au mois dernier (+0,2 Mt), ce dernier marque une diminution par rapport aux 9,6 Mt de la campagne précédente (-8,2%).
Alors que les prévisions de ventes d'orges vers l'Union européenne restent proches du niveau de l'année dernière à 3,9 Mt (contre 4 Mt), les exportations en direction des pays tiers sont revues à la hausse ce mois-ci, à 0,6 Mt. La Chine demeure la clé du poste export. Ce niveau est toutefois très éloigné des performances de la campagne passée (1,2 Mt).
Les expéditions de maïs vers l'Union européenne devraient fortement progresser par rapport à 2008/09 (+12%). Le recul de la production européenne ainsi que les difficultés de navigation sur le Danube favorisent l'origine française. Certains facteurs pourraient cependant atténuer cette performance : l'arrivée prochaine des maïs argentins et brésiliens et la concurrence avec le maïs français sur les marchés espagnols et portugais (via l'abatimiento) et méditerranéen en général sans oublier le dégel des canaux entre le Danube et le Rhin qui risque d'accentuer la compétitivité des maïs d'Europe centrale à destination des fabricants d'aliments du bétail du Benelux. Vers les pays tiers, les prévisions d'exportation de maïs français sont fixées à plus de 0,3 Mt, au vu de des embarquements déjà réalisés durant la période juillet-février.
PRIX PAYÉS AUX PRODUCTEURS
Une nouvelle fois, peu d'évolutions ont été relevées sur les prix payés aux producteurs en février. Cependant, un recul des prix en achats fermes a pu être observé. Ce repli reste certes modéré, de l'ordre de -2 à -3%, hormis sur l'avoine (-13%) qui est toujours en difficulté, et il n'a pas concerné le blé dur (+3%).
Source FranceAgriMer