A la demande des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, le Commissariat général du Plan a mis en place en octobre 2000 un groupe de concertation chargé "d’apporter des éléments en vue d’un débat de fond sur les avantages et les risques liés à l’utilisation des plantes génétiquement modifiées". Le groupe, présidé par Bernard Chevassus-au-Louis, a réuni l’ensemble des parties intéressées : acteurs de la filière agricole et alimentaire, administrations, ONG et experts. Le groupe a d’une part porté un diagnostic sur les controverses en cours et d’autre part analysé les enjeux socio-économiques à moyen terme. Le débat apparaît étroitement mêlé à des questions plus globales :
- l’internationalisation des opérateurs de la filière semencière ;
- la dépendance de la profession agricole tant par rapport à ses fournisseurs que par rapport aux distributeurs ;
- les risques alimentaires : les crises récentes ont rendu l’opinion très sensible.
Ce débat se situe en outre à la charnière de deux générations d’OGM. La première, développée à grande échelle sur le continent américain, a surtout amélioré les conditions de production des plantes de grande culture(mais,colza,soja,coton), mais n’a pas d’effet systématique sur les rendements. La seconde, qui s’affiche plus diversifiée et plus ambitieuse, notamment vis-à-vis des consommateurs, nécessitera d’autant plus de prendre en compte les interrogations de la société
Pour les agriculteurs européens, les enjeux de compétitivité liés à l’usage des OGM n’apparaissent pas aujourd’hui décisifs. A plus long terme cependant, ces innovations revêtiront une importance majeure pour construire de nouvelles formes d’agricultures productive et durable.
Entre l’interdiction et la banalisation, le rapport propose une orientation "pro-active". Il préconise que les pouvoirs publics : mettent en oeuvre une coexistence viable des cultures OGM et non OGM ; - rendent plus progressive la transition de l’expérimentation à la culture commerciale ; - renforcent le dispositif de vigilance ; - introduisent les analyses de coûts et bénéfices dans l’instruction des autorisations. Enfin, le rapport recommande que le débat public devienne une pratique systématique pour la gestion des innovations touchant notre alimentation.
Six organisations, dont Greenpeace, la Confédération paysanne, la Fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France et la CLC(association Consommation, logement et Cadre de vie)avaient dès hier soir fait savoir qu'ils regrettaient que le rapport ne retranscrive qu'imparfaitement leurs positions et tranche en faveur des OGM, alors que la mission impartie au Plan était d'apporter des éléments d'éclairage à un débat sur les vices et les vertus des OGM
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Les réactions dans la presse du 27/09
Libération OGM: un rapport plutôt favorable
Le Télégramme OGM : un rapport du Plan récolte la tempête
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