- L' atrazine : classée non cancérigène et non toxique.
Si l'atrazine est classée nocive, c'est parce qu'elle peut engendrer des risques limités pour l'agriculteur consécutifs à sa manipulation sans protection et à des doses concentrées. Mais en aucun cas, l'utilisation réglementaire de l'atrazine, à des concentrations diluées, n'a d'effet défavorable sur les oiseaux, les abeilles, les vers de terre, les poissons et les micro-organismes du sol : cette molécule agit en inhibant la photosynthèse des plantes qui y sont sensibles. Le Centre International de Recherches sur le Cancer (l'IARC) a classé du reste l'atrazine comme non cancérigène en 1998.
La dose dite létale de l'atrazine (dose nécessaire pour tuer 50 % d'un lot de rats témoins) est de 3080 mg/kg. Elle est comparable à celle du sel de cuisine (3750 mg/kg). L'aspirine est 2,56 fois plus toxique, la caféine 13 fois et la nicotine 61 fois plus toxique !
- L'atrazine : une molécule homologuée.
Homologuée en 1959, cette molécule est utilisée depuis plus de 40 ans comme désherbant du maïs et d'autres cultures, mais aussi jusqu'en 1997 par les communes, la SNCF, les particuliers sur les fossés, voies ferrées, bords de route, allées de jardin. En 1959, son taux d'utilisation homologué était fixé à 2500 g/ha/an et depuis 2000 à 1000 g/ha/an. Aujourd'hui en moyenne moins de 730 g/ha/an sont utilisés en France (source AGPM).
Si les agriculteurs utilisent ce produit pour son efficacité, et uniquement en complément d'autres molécules, c'est bien en toute légalité et à des doses moyennes inférieures à celles autorisées.
- L'atrazine dans les eaux brutes.
L'atrazine, molécule utilisée comme désherbant, est parfois retrouvée dans les analyses d'eaux brutes de surface à des taux pouvant dépasser la norme (très stricte) européenne pour l'eau de boisson.
Une réglementation européenne très stricte. L'atrazine est homologuée dans plus de 80 pays, dont les USA et le Canada. En 1997, l'Australie a rehomologué l'atrazine à la dose limite de 20 µg/l dans l'eau de boisson. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a fixé un taux de 2 µg/l au-dessous duquel aucun risque n'existe pour le consommateur. Le règlement de l'UE a lui fixé une concentration maximale de 0,1 µg/l (soit l'équivalent d'1 grain de maïs sur 300 ha). Cette réglementation est donc 20 fois plus sévère que le taux fixé par l'OMS !
Les agriculteurs, seuls responsables ? Comme tous les produits phytosanitaires, l'atrazine est biodégradable. Mais des paramètres du sol et des conditions climatologiques dépend la vitesse de cette dégradation.
L'atrazine est une molécule très peu soluble qui se déplace donc très difficilement des champs vers les rivières. Seuls de gros orages provoquant des écoulements de terre peuvent contribuer à l'accentuation du phénomène naturel de lessivage des sols et donc d'entraînement brutal des molécules, non encore dégradées.
Aux abords des sources d'eau, le manque d'entretien est souvent à l'origine de pollutions. Ainsi, les buses d'évacuation d'eau sont souvent bouchées en cas de fortes pluies, ce qui provoque immanquablement montées des eaux, inondations et diverses pollutions bactériologiques.
Chambre Interdépartementale d'Agriculture d'Ile de France
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