La France doit "relever le défi des biotechnologies" , recommande un groupe de travail dans un rapport remis lundi au gouvernement par Noëlle Lenoir, conseiller d'Etat.
Ce rapport de 50 pages qui s'intéresse à l'ensemble des " Sciences de la vie " consacre naturellement un chapitre aux organismes génétiquement modifiés ( OGM ).
Le groupe de travail recommande de mieux définir la place des OGM dans l’agriculture et dans l’alimentation.
« Faut-il avoir peur des OGM ? » ou encore « à quoi servent les OGM ? » sont des questions récurrentes rappelle le rapport pour qui le débat sur les OGM est légitime et être assumé pleinement par les pouvoirs publics. Les peurs sont-elles réellement fondées ? Faisons la part des avantages et des dangers des OGM. Certains avantages consistent dans la réduction de l’utilisation des pesticides ou encore dans l’accroissement de la productivité agricole.
Les inconvénients, résultent de risques mal appréhendés sur le plan de la sécurité alimentaire et plus encore environnementale. "Il ne nous suffit pas de savoir que les techniques d’évaluation du risque mises en oeuvre répondent aux meilleurs standards actuellement possibles. Nous ne nous contentons pas de nous en remettre à l’avis d’autorités aussi respectées soient-elles, comme les différents comités d’experts existant en Europe. Nous exigeons un surcroît de prudence, fondé sur le fameux principe de précaution."
Pour garantir la transparence et pour préparer l’avenir le rapport propose quatre actions :
1 - La nécessité de faire admettre par nos voisins américains en particulier une obligation de surveillance permanente des cultures en champs ouverts d’OGM, suivi qui n’est nullement effectué aux Etats Unis où pourtant plus du tiers des cultures essentielles sont en OGM. C’est ce que vient de suggérer un panel de la très prestigieuse Académie Américaine des Sciences.
2 - La nécessité de promouvoir l’idée d’un droit à l’information du consommateur incluant un étiquetage des nouveaux aliment indépendamment de toute suspicion de risque alimentaire.
3 - La question des OGM engageant des relations globales entre les pays de l’Union européenne et leurs partenaires dans le cadre de l’OMC, il faudra s’orienter vers la création d ’une véritable FDA européenne dont la future Autorité Alimentaire Européenne ne constitue qu’une amorce.
4 - Mais la position de la France ne sera défendable que si l’on veut bien admettre l’utilité des recherches sur les OGM et surtout d’une recherche publique dont les résultats puissent être rendus publics pour permettre aux citoyens d’être dûment informés de ses résultats. Ceci implique que les instituts de recherche puissent procéder à ces expériences sans exposer aux actes de vandalisme.
Eclairer les choix scientifiques par le débat démocratique L’information honnête du citoyen est un enjeu majeur pour éviter les pressions, qu’elles soient favorables ou au contraire hostiles aux OGM, auxquelles les responsables politiques peuvent être sensibles. Le débat démocratique ne peut se résumer à quelques initiatives, fussent-elles spectaculaires. C’est une véritable confrontation des points de vue, une professionnalisation des débats que doit favoriser le gouvernement.
Lire l'intégralité du rapport
Voir Dossier OGM
|