Utiliser moins d’azote pour réduire la pollution azotée des rivières ne se voit pas tout de suite. Vingt à trente ans peuvent être nécessaires avant que la teneur en nitrates dans la rivière diminue de façon importante.
Une raison à cela : l’azote migre très lentement dans le sol. Et ce qui prend le plus de temps, c’est le transfert des nitrates entre la nappe phréatique et la rivière. C’est en tout cas ce que montrent les résultats des modélisations et des mesures réalisés par l’équipe de Paul Bordenave du Cemagref de Rennes dans plusieurs bassins versants de l’Ouest de la France. Ces résultats confortent ceux des recherches réalisées par l’Inra de Rennes et le CNRS sur le bassin versant du Coët-Dan à Naizin dans le Morbihan.
Le transfert de l’azote du sol jusqu’à la nappe est quant à lui, plus rapide surtout après les vingt premiers centimètres. Là, dans cette couche superficielle, l’azote peut être piégé dans des réactions biologiques. Un cycle naturel qui peut tout de même durer une dizaine d’années où l’azote est surtout transformé en nitrates . La pluie et la température en sont les facteurs déterminants. En dessous des vingt centimètres, les nitrates rejoignent très vite la nappe phréatique. En moyenne, quatre à cinq ans sont nécessaires pour atteindre une nappe superficielle située à une dizaine de mètres de profondeur comme en Bretagne. C’est ensuite le passage des nitrates de la nappe à la rivière qui prend le plus de temps. Surtout pour les parcelles situées en haut de versant. Pour avoir rapidement moins de nitrates dans la rivière, mieux vaut commencer par réduire les apports et améliorer les pratiques dans les parcelles situées à proximité de la rivière… Des résultats rapidement visibles encourageront les efforts pour modifier les pratiques sur l’ensemble du bassin versant.
Source CEMAGREF
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