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L'Afssa publie une information sur la fièvre Q
 

   [ 30/08/2002 12:23 ] Suite à la confirmation par la Direction générale de la santé que vingt deux personnes résidant dans la vallée de Chamonix (Haute-Savoie) ou y ayant séjourné à partir de juin 2002 ont été victimes cet été de la fièvre "Q", une maladie bactérienne qui sévit habituellement chez les ruminants, l'AFSSA vient de publier une information concernant la forme animale de cette maladie


   La fièvre Q (« query fever ») est une zoonose répandue mondialement, reconnue depuis 50 ans, due à une bactérie intracellulaire nommée Coxiella burnetii.

Quelles sont les espèces cibles ?

La plupart des animaux (mammifères, oiseaux, poissons) et arthropodes (tels que les tiques) peuvent être infectés par C. burnetii. Les réservoirs principaux sont les ovins, caprins et bovins. L’infection animale est le plus souvent inapparente, mais peut entraîner avortements, naissance d’animaux chétifs chez les ruminants et conduire à des problèmes d’infertilité chez les bovins. Les animaux infectés peuvent porter la bactérie dans le tissu de leur appareil reproducteur (l’utérus, le placenta, les liquides produits lors de la mise bas) et les glandes mammaires, et, peuvent excréter C. burnetii dans leur lait et leurs excréments.

Comment se transmet-elle ?

Chez les animaux : La fièvre Q se transmet par voie aérienne, par contact direct ou par ingestion. Il est estimé qu’un à dix de ces micro-organismes peut provoquer une infection.

Le risque de transmission de la fièvre Q est particulièrement élevé dans le cas des animaux gravides, en particulier au moment de la mise bas. Des études révèlent qu'un gramme de placenta provenant d'une brebis infectée peut contenir plus d'un milliard de bactéries infectieuses.

La résistance de C. burnetii aux conditions environnementales difficiles est très élevée, probablement en raison d’un stade sporulé. Cette forme bactérienne peut, par exemple, survivre pendant des mois voire des années dans la poussière ou le sol. De plus, les particules infectieuses peuvent être transportées dans l'air (aérosols) sur de longues distances. Le vent, le temps sec, une végétation aride sont tout autant de facteurs favorisant la dissémination de C. burnetii.

Les animaux peuvent contracter l’agent d'autres animaux infectés ou de l'environnement. Les tiques hématophages peuvent jouer le rôle de vecteurs de C. burnetii entre animaux, mais rarement transmettre l’agent aux humains. La transmission verticale mère-foetus ou la transmission sexuelle sont aussi parfois évoquées. Ces transmissions d’animal à animal contribuent à la permanence et à la circulation de C. burnetii dans la nature.

A l’homme : Les humains contractent l'infection principalement suite à l’inhalation de bactéries desséchées provenant d'animaux, de produits d'origine animale ou déchets animaux. Ils peuvent également être infectés en buvant du lait cru contaminé, voire des oeufs crus contaminés.


Quels tests permettent de détecter la fièvre Q ?

La sérologie est le test clé pour détecter l’infection à C. burnetii. La détection directe peut être réalisée par coloration (i.e. Stamp, Gimenez), une technique d’immunodétection à l’aide d’un anticorps anti-C. burnetii, ou par la détection moléculaire par amplification génique (PCR). Pour l’isolement de souches, trois modes de culture existent : sur animal, sur oeuf embryonné ou en culture cellulaire. Méthodes et installations du niveau de biosécurité 3 sont requises pour les travaux comportant ensemencement, isolement et production de souches, les travaux avec des animaux infectés, les autopsies et la manipulation de tissus infectés.

Jusqu’à présent, les actions vétérinaires ont porté sur l’incidence clinique ; même si son incidence paraît faible et son diagnostic souvent présomptif, la fièvre Q doit toujours être prise en compte dans la prophylaxie des ruminants et être mieux caractérisée. Un diagnostic de groupe est recommandé pour le diagnostic d’avortement :

 - analyse sérologique d’au moins une dizaine de femelles ayant avorté ou mis bas normalement, associée à la bactérioscopie effectuée sur un frottis ou un calque. Les laboratoires de diagnostic vétérinaire utilisent la fixation du complément (FC) et de plus en plus la technique ELISA et parfois l’immunofluorescence (IF) comme
techniques sérologiques. Le diagnostic direct de routine repose sur la recherche des Coxielles après coloration de Stamp sur des cotylédons placentaires, des organes de l’avorton ou des prélèvements vaginaux. Toutefois, cette coloration est peu spécifique. Quelques laboratoires s’orientent vers la technique PCR en utilisation de routine.

Quelle est la séroprévalence de la fièvre Q dans le cheptel français ?

Les enquêtes les plus récentes menées en France sur la séroprévalence de Coxiella burnetti chez les ruminants datent du début des années 80 : Chez les bovins, (Enquête Haute –Savoie, 1981, N= 4477), le pourcentage d’animaux séropositifs observé était de 12,3% ; Chez les caprins, (Enquête Sud-ouest de la France, 1979, N=400), le pourcentage observé était de 1% ; enfin, chez les ovins (enquête Sud-est de la France, 1985, N=242), le pourcentage de séropositif observé était de 14%.

Quels sont les moyens de lutte contre la fièvre Q chez l’animal?

Un antibiotique, la tétracycline, est souvent utilisé chez l’animal pour traiter la fièvre Q. Cependant ce traitement semble diminuer l’incidence clinique mais pas le portage. De plus, les moyens de décontamination efficaces manquent. En France, un arrêté visant à réduire les contaminations humaines liées à la consommation de lait cru et de ses dérivés oblige la pasteurisation haute (85°C pendant 30 secondes) du lait provenant des élevages atteints
de fièvre Q.

Les mesures de prévention les plus efficaces consistent à éliminer l'agent responsable de la fièvre Q chez les animaux. La vaccination actuellement disponible (Chlamyvax-FQ, vaccin de Phase 2) en France ne permet pas de limiter suffisamment le portage et l’excrétion bactérienne. Jusqu'à présent, les recherches portant sur les programmes de vaccination à l'intention des animaux n’ont pas permis de conclure à leur efficacité.

Source Afssa

Le communiqué du Ministère de la santé concernant les cas détectés dans la Vallée de Chamonix



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