François Jacques est propriétaire d’une exploitation agricole de 300 hectares, spécialisée dans la culture de céréales et d’oléoprotéagineux et située dans le nord de la Lorraine, en Meurthe et Moselle.
Vers de nouveaux horizons
Il y a quelques années, face à la baisse des prix de vente de ses productions, François Jacques se trouve face à un dilemme : « En tant qu’entrepreneur, j’avais envie de me développer pour compenser des pertes de revenus qui étaient très importantes. J’avais 40 ans, l’énergie et l’envie d’aller plus loin que la gestion de mon exploitation telle qu’elle était. Mais en France, ce n’était pas possible : la réglementation sur les cumuls et les droits d’exploitation m’interdisait de le faire. Pour conserver mon exploitation, j’avais donc le choix entre exercer un autre métier dans le lieu que j’aime, où exercer le métier que j’aime dans un autre lieu », explique-t-il. François Jacques décide de privilégier son métier et de partir à la conquête de nouveaux horizons, en Europe de l’Est. Accompagné de cinq autres exploitants du Nord Lorraine, il sillonne l’Allemagne, la Pologne et la Roumanie, où finalement ils décident de lancer leur projet : « Au début, on a fait du porte à porte dans les villages pour louer des terres. On a rencontré plusieurs maires qui cherchaient des investisseurs. On a fini par trouver ce que nous cherchions. Aujourd’hui, nous louons plusieurs parcelles, regroupées en une, sur la plaine noire qui entoure le Danube ».
« Céréalier sans frontière »
Depuis, François Jacques et ses cinq associés y passent chacun quinze jours, à tour de rôle. Un partage du temps qui permet à tous de conserver leurs terres, en France, sans remettre en cause leur envie de découvrir de nouveaux horizons. « Au début, lorsqu’on s’est installé, les gens nous regardaient avec un peu d’amusement. Nous ne pratiquions pas l’agriculture de la même façon qu’eux. Ils nous voyaient travailler la terre avec nos méthodes et se disaient que ce n’était pas comme cela qu’il fallait faire, que nos céréales n’allaient jamais pousser ! Certaines de nos pratiques ont bien fonctionné, et ont été reprises, d’autres ont moins bien fonctionné et nous les avons abandonnées. Au final, chacun s’est enrichi », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, François Jacques exerce son métier de « céréalier sans frontières » avec un plaisir évident : « Je ne m’installerai pas totalement en Roumanie car la France me manquerait. Mais pour l’instant, je ne souhaite pas arrêter l’aventure dans laquelle nous nous sommes lancés dans ce pays. Là bas, les gens que vous croisez sur les chemins ont beaucoup de respect pour l’agriculture et pour eux, les agriculteurs nourrissent les populations. Lorsque vous vous trouvez sur une route avec un tracteur, par exemple, ils s’écartent pour vous laisser passer. En France, c’est tout le contraire ! ».
Déjà paru : Le 1er octobre : optimiser les coûts par la mise en commun des outils de production.
A suivre : Le 3 octobre : La Technologie au coeur de l'exploitation
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