 | | [ 08/10/2002 10:02 ] Les chercheurs de l'INRA développent une méthode de lutte biologique par l'introduction d'un insecte auxiliaire, Neodryinus typhlocybae, qui parasite les larves de Metcalfa, originaire d'Amérique et communément appelé " cicadelle ", |
Metcalfa pruinosa, communément appelé " cicadelle ", est un insecte qui attaque de très nombreuses espèces végétales, notamment des arbres fruitiers et ornementaux. Appartenant au groupe des flatides, il est originaire du continent américain et a été introduit accidentellement en Italie probablement à la fin des années 70.
Signalé pour la première fois en France en 1985 aux environs de Marseille, sa progression depuis est constante et inquiétante.
Les chercheurs de l'INRA développent une méthode de lutte biologique par l'introduction d'un insecte auxiliaire, Neodryinus typhlocybae, lui aussi originaire d'Amérique et qui parasite les larves de Metcalfa.
Les premiers adultes ont été lâchés sur le Cap d'Antibes dans les Alpes-Maritimes dès 1996. Cinq ans après l'installation de cet auxilliaire, les populations du ravageur ont fortement diminué sur le site des premiers lâchers. L'expérimentation a été étendue à 72 autres sites répartis sur 12 départements français.
A partir des premiers foyers (région de Marseille et probablement d'autres foyers dispersés sur le littoral méditerranéen de la Côte d'Azur), le ravageur a progressé dans la vallée du Rhône, vers la frontière espagnole et la Corse. Plus récemment, il a été retrouvé en 1999 dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France où il a été vraisemblablement importé avec des arbustes de pépinières. Les premiers lâchers de l'auxiliaire Neodryinus typhlocybae ont été menés en 1996 sur le cap d'Antibes, après que les chercheurs ont vérifié, en laboratoire de quarantaine, l'inocuité de cet insecte pour son nouvel environnement. Des lâchers plus conséquents de l'auxiliaire ont été effectués à partir de 1999 sur l'ensemble des régions françaises infestées par M. pruinosa afin d'accélérer le processus d'installation de l'auxilliaire. A la fin de l'année 2001, 72 sites avaient fait l'objet de lâchers de N. typhlocybae dans 12 départements de la France continentale et de la Corse. Les lâchers se sont poursuivis en 2002 par le réseau d'expérimentateurs mis en place et coordonné par l'INRA d'Antibes.
Les résultats obtenus pendant ces trois années de lâchers abondants confortent l'optimisme des chercheurs sur l'espoir de voir maîtrisées les pullulations du ravageur à moyen terme. Sur le Cap d'Antibes à l'issue de l'année 2001, soit cinq années après le lâcher initial de l'auxiliaire, les populations de M. pruinosa ont fortement diminué et le pourcentage de parasitisme du ravageur par l'auxilliaire a atteint environ 50 % des larves. Il s'agit de résultats encourageants mais encore localisés à la zone même du lâcher. Il existe encore à l'échelle régionale une grande hétérogénéité du parasitisme comparable à celle observée en Vénétie par les italiens qui ont réalisé les premiers lâchers en Europe il y a plus de 10 ans.
Toutefois, le bilan global de la stratégie d'acclimatation de N. typhlocybae mise en œuvre et développée à grande échelle dans la région méridionale comme dans les autres régions de France est très positif, ce qui incite les chercheurs à poursuivre leurs efforts en multipliant encore les opérations de lâcher. Cela devrait permettre d'atteindre plus vite les objectifs fixés et de réduire l'impact de ce ravageur en minimisant le recours aux insecticides chimiques.
Source Inra
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