Pour évaluer les conséquences pour la santé publique d’un changement de la stratégie d’abattage, les experts ont considéré que le risque spécifique serait lié à la conjonction de trois paramètres :
- La fréquence accrue d’animaux infectés dans les troupeaux concernés ; - Un résultat du test de dépistage faussement négatif chez un animal infectieux - Un mauvais retrait du système nerveux central, avant introduction dans la chaîne alimentaire.
En ce qui concerne la fréquence des animaux infectés dans les troupeaux, il est indiqué que sur environ 25 000 animaux testés dans les troupeaux abattus, 4 ont été trouvé positifs. Les 4 animaux appartenaient à la cohorte du cas, c’est-à-dire à la catégorie d’animaux qui continueraient à être abattus dans la nouvelle réglementation.
Toutefois, les experts rappellent que cette observation ne suffit pas à exclure tout risque spécifique qui pourrait être lié à l’appartenance à un troupeau dans lequel un cas apparaît. En effet, comme tous les animaux du troupeau sont abattus simultanément dans un délai bref après le premier cas, il peut y avoir parmi eux des animaux infectés, mais qui n’auraient pas encore tout à fait atteint le stade à partir duquel le test pratiqué permet de les dépister.
Pour tenir compte de cette possibilité, il est donc nécessaire d’estimer les limites de cette approche en tenant compte aussi bien de la taille des effectifs d’animaux testés que des biais d’observation décrits au précédent paragraphe. Les calculs estiment les marges hautes pour la proportion d’animaux faux négatifs qu’il y aurait dans chaque catégorie d’animaux.
En prenant en considération les effectifs d’animaux hors cohortes que le projet d’arrêté prévoit de conserver (sur la base du nombre actuel de troupeaux atteints), les calculs estiment un nombre d’animaux faussement négatifs au test qui entreraient dans la chaîne alimentaire : entre 0,06 et 0,212 animal faussement négatif par an. A ces animaux s’applique bien entendu la mesure de retrait des matériaux à risques infectieux (en particulier le système nerveux central).
Ces données permettent donc de conclure qu’il est désormais possible de passer à un abattage des seules cohortes du cas, sans diminuer le niveau de sécurité pour le consommateur et, par conséquent, d’émettre un avis favorable sur le projet d’arrêté ministériel.
Trois précisions accompagnent cet avis favorable : - Considérer comme exploitations à risque, celles dans lesquelles le bovin détecté malade a été élevé de la naissance à la fin de la deuxième année de sa vie.
- Enregistrer de manière spécifique les résultats des tests chez les animaux originaires des troupeaux pour pouvoir vérifier l’évolution de la prévalence dans cette catégorie et réagir si une proportion de cas plus élevée qu’attendue apparaissait dans ces catégories d’animaux.
- Continuer à porter une attention soutenue aux conditions de retrait du système nerveux central, comme cela est régulièrement rappelé dans les avis de l’AFSSA.
Voir l' Avis de l'AFSSA (pdf) Voir le Dossier ESB
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