Considérer l'agriculture comme unique facteur de dégradation du milieu naturel relèverait d'une vue beaucoup trop simpliste. D'autres vecteurs tels que l'ensemble des matières organiques d'origines agro-alimentaire, industrielle, domestique, les boues des collectivités, contribuent également à la pollution de l'eau, de l'air et du sol.
La région de Lannilis dans le Finistère ne ne présentant aucune solution technique qui traite à la fois l’ensemble de ces matières organiques provenant des collectivités, des élevages et des industries, Lannilis services environnement, (LSE) a été créée en décembre 1999 par des investisseurs privés, une banque et des producteurs de porcs.
Lannilis Services Environnement, a développé un système de traitement qui utilisera le procédé de la méthanisation et dont la construction pourrait commencer d'ici à la fin de l'année pour être opérationnelle en 2004. Le process retenu s’appuie sur une technologie allemande éprouvée qui fonctionne déjà, notamment au Danemark et en Allemagne, depuis une vingtaine d'années.
La solution L.S.E. se présente comme un service à la collectivité.
Elle s'inscrit dans une réflexion globale au centre de laquelle : - Des contraintes : odeurs, pollution des nappes souterraines, charge financière deviennent - Des opportunités : suppression des odeurs, élimination de l'azote et du phosphore, dégradation des agents pathogènes, production d'électricité verte.
Les atouts du projet de L.S.E. sont multiples :
- Il s’agit d’un projet innovant : . Traçabilité des matières . Contrôle administratif facilité . Externalisation totale du traitement . Sécurité sanitaire . Maîtrise des prix de traitement - Il offre une solution au traitement des déjections des animaux d’élevages
Jusqu’à présent, seul le traitement des déjections animales était privilégié sur une base individuelle. Le projet de traitement collectif des déjections d’animaux d’élevages est de nature à assurer : . la pérennité de l’agriculture bretonne et donc de son industrie agro-alimentaire, souvent mises à mal. . le maintien des exploitations familiales qui n’ont pas les moyens financiers suffisants pour se doter d’une unité de traitement individuelle.
- Il présente des avantages écologiques : . Production d'énergie renouvelable . Traitement de la pollution (azote, phosphore, agent pathogènes, odeurs...) . Réduction des volumes de matières carbonées . Production d'un méthacompost organique exportable, de qualité . Préservation de la qualité de l'eau, de l'air et des sols

Le système de L.S.E. repose sur des processus entièrement biologiques. À ce titre, il n’entrera dans l’unité que de la matière organique, rien d’autre.
Le procédé de la station de méthanisation de Lannilis comporte trois phases principales :
1 - Analyse et gestion des effluents pour obtenir un substrat de qualité contrôlée
La première phase consiste à centraliser, analyser et gérer les différents types de matières organiques afin d'obtenir un substrat de qualité contrôlée. Ce substrat sera constitué - de boues de stations d’épuration des industries agro-alimentaires - de fumier de volailles, de lisier de porcs, - de boues des stations de traitement des collectivités, - de déchets de poissons et de conserveries, - de déchets gras des lieux de restauration (huiles de friture, résidus d'acide gras,...), - d'unités de traitement d'algues, etc…
Un soin tout particulier sera apporté à la sécurité sanitaire de la centralisation de ces matières organiques. Les camions utilisés seront nettoyés, à l'usine, à chaque déchargement avant de repartir vers un autre site.
Le déchargement à l'usine sera effectué dans un hall sous dépression, l'atmosphère extraite étant désodorisée au travers d'un biofiltre.
L’usine fonctionnera en continue 24 H / 24 H et 365 jours par an.
Les approvisionnements en déjections animales seront assurés par 1 seul camion qui fera 18 rotations quotidiennes, sur 5 jours ouvrables hebdomadaires.
2 - Méthanisation des matières organiques
La méthanisation est un procédé entièrement biologique de transformation de la matière organique par action bactérienne en biogaz, une énergie renouvelable.
La méthanisation se déroule dans des grands réservoirs appelés des digesteurs. Le procédé que mettra en place L.S.E. est un peu particulier car il se déroulera en deux étapes : - La première se déroulera dans un digesteur à 37°C (condition mésophile) pendant 8 jours. - La seconde étape, dans un digesteur à 55°C (condition thermophile) pendant 6 jours. Cette configuration permet d’optimiser la production de biogaz. En outre, ce traitement présente d’autres avantages. Il permet d’hygiéniser et de désodoriser les matières entrantes.
3 - Post-traitements
Il s’agit d’une production d’électricité, de méthacompost par l’extraction de la matière sèche de la phase organique du digestat, d'une eau traitée rejetable grâce au traitement par nitrification-dénitrification-ultrafiltration avant son rejet en mer.
Quelques chiffres : Montant de l'investissement : 16,5 millions d'euros (33,4% de subventions publiques - Conseil régional, de l'Ademe, de l'Agence de l'eau et du Feder au titre des énergies renouvelables ) Traitement de 110 000 tonnes (dont 70 000 de lisier) Production d'électricité équivalent à la consommation de 2500 habitants (revendu à EDF)
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