Néanmoins, le chef de l'Etat Luiz Inacio Lula da Silva a demandé aux ministres de trouver des mécanismes juridiques pour permettre de "commercialiser la récolte de soja génétiquement modifiée", plantée l'année dernière dans le sud du Brésil, "par omission" du gouvernement précédent et qui a créé un "sérieux problème économique et social". On estime cette production illégale à un milliard de reals (quelque 273 millons d'euros). L'une des préoccupations du gouvernement Lula est d'écouler ces six millions de tonnes de soja transgénique --sur une production totale de 49,6 millions de tonnes au Brésil-- et d'éviter de les détruire alors que la priorité du gouvernement est l'éradication de la faim avec le programme "Faim Zéro".
Les graines de soja transgénique seraient entrées en contrebande dans le Rio Grande do Sul (extrême sud du Brésil) en provenance de l'Argentine voisine, seul pays d'Amérique latine à autoriser les OGM.
Cependant pour combien de temps va durer cette interdiction ? La question peut-être posée, tant les pressions sont fortes à l'intérieur même du gouvernement brésilien. On prendra pour exemple la position du ministre du Développement, l'industriel Luiz Fernando Furlan partisan de la coexistence des produits traditionnels et génétiquement modifiés et qui pense que les produits traditionnels devraient avoir un meilleur prix sinon "tous les producteurs vont opter pour les OGM qui sont plus rentables".
Il faut avoir également à l'esprit que comme le rappellait le gouverneur de l'état du Rio Grande do Sul, sur une radio locale (CBN), les seuls exportateurs mondiaux de soja sont le Brésil, les Etats-Unis et l'Argentine, autrement dit maintenir l'interdiction des OGM pourrait avoir pour conséquence la perte de certains marchés.
AM d'après AFP
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