 | | [ 19/03/2003 18:34 ] Le mercredi 19 mars 2003, M. Gérard MIQUEL, sénateur du Lot, a présenté à la presse le rapport qu’il vient de rédiger pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique (OPECST). Selon ce rapport "les Français ont raison de s’inquiéter de la dégradation de la qualité de l’eau mais ils s’inquiètent pour de mauvaises raisons" |
Tout d'abord , "La responsabilité est collective. Nous avons l’eau que notre société fabrique. "est-il souligné.
Cependant si la responsabilité est collective elle est inégalement partagée. S'il est constaté que les industriels ont fait leur révolution environnementale en supprimant la plus grande part des rejets polluants et que les collectivités locales font la leur en investissant dans l’assainissement, "même si de gros efforts restent à conduire", l’agriculture est une nouvelle fois montrée du doigt car n'ayant fait la sienne et de citer la dégradation de l’eau liée aux nitrates et pesticides qui est bien connue.
De fait ce rapport indiquerait que si les Français ont raison de s’inquiéter de la dégradation de la qualité de l’eau ils s’inquièteraient pour de mauvaises raisons.
Il y a tout d’abord confusion entre la qualité de la ressource, l’eau produite destinée à la consommation, qui part de mélanges d’eau et fait appel à des traitements sophistiqués, et l’eau distribuée. L’état des canalisations et des conduites des particuliers est aussi important que l’état de la ressource.
Le goût et le calcaire sont des paramètres de confort mais ne sont pas des critères de qualité pour la santé. Une certaine ignorance conduit d’ailleurs les usagers à se doter d’adoucisseurs d’eau pour éviter le calcaire et à acheter de l’eau minérale chargée en calcium…alors qu’il s’agit de la même chose.
Les nitrates et les pesticides sont les contaminations les plus connues et les plus médiatisées. Aux normes actuelles, la santé des Français n’est pas en jeu : les normes françaises et européennes sur les pesticides dans l’eau sont extrêmement basses, de l’ordre de 10 à 100 fois plus faibles que dans d’autres pays, de l’ordre de 100 à 100.000 fois plus faibles que sur les aliments qui constituent 95% de l’exposition aux pesticides. Le risque lié à l’eau ne doit donc pas être surestimé. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y pas d’inquiétude à avoir sur l’effet des expositions à long terme aux micro polluants, mais il ne s’agit encore que de travaux de recherches.
Naturellement tout cela ne signifie pas que l'agriculture ne doive pas faire sa révolution environnementale, d'ailleurs des actions sont dèjà menées dans ce sens comme un recours plus systématique à l'éco-conditionnalité, subordonnant le versement d'aides aux agriculteurs au respect de pratiques environnementales.
Exemple en 2001, la France a conditionné le versement de la prime au maïs irrigué à la pose de compteurs sur les forages d'irrigation., ce qui a eu pour résultat de faire grimper le taux d'équipement du bassin Adour Garonne a bondi de 10% à 80%.
Autre exemple, en zone agricole, des couloirs de protection devraient former des zones "tampon" boisées ou enherbées le long des rives des cours d'eau, pour freiner les transferts de pesticides et de nitrates dans l'eau.
Le rapport propose aussi de "faire du département le gestionnaire de l'eau afin de parvenir à une qualité de l'eau et un prix de l'eau homogènes dans chaque département".
Enfin on notera également un désir de simplification -au niveau de la réglementation (en supprimant l’obligation d’inscriptions aux hypothèques pour les périmètres de protection),
-au niveau de la taxation de l’eau en substituant une redevance pollution à taux unique au système actuel inutilement complexe.
Maintenant il faudra attendre 2004 pour voir si ces recommandations se retouvent dans la nouvelle loi sur l'eau promise par la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot.
Alban Moyaux / Cyberagri
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