 | | [ 02/04/2003 18:18 ] En un an, dans le département des Côtes d(Armor, une vingtaine d'éleveurs ont modifié leurs installations. D'autres dossiers sont en cours. Loin d'un quelconque raz-de-marée, cette mesure prise par l'assemblée départementale vise une prise de conscience parmi les exploitants porcins tout en améliorant l'image d'une agriculture mise à mal. |
Pourquoi des éleveurs de porcs souhaitent s'investir dans la production sur litière
A cette question le Conseil général des Côtes -d'Armor répond :
En premier lieu parce qu'elle est mieux acceptée socialement - La production porcine sur litière bénéficie d'une image positive, faisant ressortir le côté naturel, apportant moins de nuisances notamment olfactives, préservant le bien être animal (bâtiments ouverts, lumineux, possibilité de fouissage pour le porc...).
Ensuite est évoquée la meilleure gestion de l'azote dans l'exploitation - La production de déjections solides permet l'épandage sur une plus grande surface, notamment celles interdites pour les lisiers en raison de risques de pollution (pentes, proximité de cours d'eau...) ou de nuisance (proximité d'habitations...)
* Une étude de l'INRA de Rennes a montré les capacités dénitrifiantes des litières bio-maîtrisées (copeaux de bois) avec un taux d'abattement de l'azote de près de 60%. La transformation de bâtiments "lisier" en bâtiment "litière" permet notamment aux éleveurs ayant de faibles excédents de trouver une solution de résorption sans investir dans une unité de traitement de lisier. Par ailleurs, la production de déjections solides (fumiers ou litière bio-maîtrisée) peut permettre une exportation compostée.
Vient ensuite la possibilité d'une production de qualité plus proches des attentes des consommateurs - Les cahiers des charges de qualités " porcs fermiers ", " labels ", " porcs biologiques ", imposent l'élevage des animaux sur litière.
Enfin cette méthode permet de préserver le bien-être animal et la qualité de l'environnement.
On ajoutera que ce mode d'élevage est une réponse économique permettant la mise aux normes des élevages.
Pour répondre aux attentes des éleveurs le conseil général inscrit "des aides novatrices" dans sa politique agricole
- Aides à la transformation d'un bâtiment " lisier " en bâtiment " litière ", y compris les travaux suivants : sols, étanchéification, création de murs, portails pour le curage des litières, abreuvoirs économes en eau, ouvrages de stockages des déjections. - Aides à la création de bâtiments : les travaux précédemment cités plus les ouvrages de couverture et de terrassement.
Cette politique s'inscrit dans le Fonds d'aide à la réorientation des productions votés par les conseillers généraux costarmoricains.
Par ailleurs, et face au développement d'une agriculture répondant davantage aux attentes du consommateur, le conseil général des Côtes-d'Armor, propriétaire de la ferme expérimentale de Crécom (Saint-Nicolas-du-Pélem), souhaite faire de cette dernière une station de référence en terme d'agriculture durable. Différents systèmes de production y sont prévus, notamment l'élevage porcin sur litière.
L'objectif de Crécom est de fournir des références techniques et économiques aux agriculteurs en matière de bien-être animal, d'alimentation du cheptel et de conduite d'élevage. Des expérimentations qui seront largement diffusées dans le monde agricole, bien sûr, mais également auprès du plus large public.
Concrètement ccomment est mené ce soutien à la production porcine sur paille ou litière : à qui et combien ?
Eligibilité Tout élevage existant sans augmentation de cheptel. En cas d'accroissement du cheptel, les travaux correspondants dans les élevages de jeunes agriculteurs ou de dimension économique insuffisante (EDEI) qui s'inscrivent dans une démarche de qualité (label, agrobiologie ou Certification de Conformité du Produit).
Taux d'aide Démarche label ou agrobiologique (30 %) ; autres démarches (20 %). Plafond d'aide Démarche label ou agrobiologique (22 900 EUR) ; autres démarches (19 100 EUR). Dépenses subventionnables Rénovation de bâtiments (sols, étanchéification, création des murs, portails ou barrières pour le curage des litières, abreuvoirs économes en eau, ouvrages de stockages des déjections) ; création de bâtiments (les travaux précédemment cités + les ouvrages de couverture et le terrassement). Plafond de dépenses éligibles 77 EUR par place équivalent porc charcutier en rénovation ; pour la création de bâtiment, 610 EUR par place pour les démarches label ou agrobiologie ; 305 EUR par place dans les autres cas.
AM / Cyberagri
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