Actu des sites du 12/10/2002 ¬
La filière viande bovine en Pologne, un dossier Institut de l'Elevage - GEB 
La production de viande bovine polonaise a subi à plein le contrecoup de la décapitalisation depuis la fin des années 80. Elle n'atteint plus aujourd'hui 300 000 tonnes équivalent carcasse.
C'est beaucoup moins que dans d'autres pays qui ont un cheptel comparable (environ 3 millions de vaches), comme l'Espagne par exemple. La production de viande bovine n'est plus qu'une production subsidiaire de la production laitière, avec peu d'engraisseurs et un cheptel allaitant marginal, de moins de 70 000 têtes. La masse des petits éleveurs laitiers qui ne sont pas impliqués dans l'industrie laitière ne recherchent plus la production d'un veau par an, et le taux de naissances par rapport aux vaches dénombrées ne serait globalement que de 73% ! En outre, la moitié des veaux nés sont soit exportés, principalement vers l'Italie, soit abattus très jeunes, à 80 kg vif.
Ainsi, parmi les veaux nés en 2001, seuls 700 000 environ sont engraissés en jeunes bovins, abattus eux-aussi très légers, souvent entre 400 et 500 kg vif. Cette production de jeunes bovins ne représente ainsi qu'un peu plus de la moitié de la production de viande bovine polonaise, le reste étant de la vache de réforme.
Cette viande de vache, et une partie de celle de jeunes bovins, est transformée en charcuteries et en conserves, où elle est valorisée à des prix inférieurs à ceux du porc. Le reste, moins de la moitié de la production, entre dans les circuits de "viande de boucherie", soit en Pologne où les supermarchés dominent de plus en plus la distribution, soit à l'export. Qu'il s'agisse de viandes de boucherie ou de conserves, l'exportation constitue un débouché important, de l'ordre de 10% de la production ces 3 dernières années.
En effet, la consommation polonaise de veau et de bœuf n'a cessé de diminué depuis 1990. Elle est désormais à un niveau très faible, inférieure à 6 kg par habitant, soit 9% de la consommation totale de viandes. La crise de l'ESB à partir de novembre 2000 lui a donné un nouveau coup.
Ce déclin de la production et de la consommation a dissuadé la majorité des entreprises d'abattage et de transformation, pour lesquelles la viande bovine est rarement stratégique, d'investir sur ce secteur. D'autant que beaucoup sont déjà en difficulté financière.
Les perspectives de la filière viande bovine en Pologne ne sont donc pas brillantes, d'autant que l'exportation n'est plus la panacée avec une monnaie surévaluée et une offre de moins en moins adaptée qualitativement aux exigences tant de l'UE que de ses voisins de l'Est. Les flux de veaux et de broutards vers l'Italie pourraient même être remis en cause par la stricte application des règlements communautaires au lendemain de l'élargissement (les exigences d’identification notamment).
Paradoxalement, face au déclin inéluctable de la production en volume, l'espoir pourrait venir du marché polonais lui même, qui est sans doute parvenu à un étiage, et qui semble connaître un certain regain de confiance vis à vis du jeune bovin.
Source Institut de l'Elevage
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