le 27/05/2015 à 07:33

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Assemblée générale de la Fncuma Les Cuma veulent être au cœur de la révolution du « big data »

Luc Vermeulen et Stéphane Gérard, respectivement secrétaire général et président de la Fédération nationale des Cuma. (©TNC)

Luc Vermeulen et Stéphane Gérard, respectivement secrétaire général et président de la Fédération nationale des Cuma. (©TNC)

Le réseau des Cuma veut poursuivre son implication dans le développement de l’agroécologie en multipliant les initiatives collectives. Objectif : ne pas rater la révolution du « big data ». Mais pour apporter leur contribution aux démarches systémiques de conduite des exploitations, les Cuma doivent aussi se battre pour maintenir des financements des investissements collectifs.

C'est dans le rôle de pivots que les représentants des Cuma se sont présentés mardi 26 mai lors de leur assemblée générale à Paris. Les pivots d'une équipe comprenant des constructeurs apporteurs de solutions techniques et des agriculteurs désireux d'améliorer encore leurs pratiques vers des conduites d'exploitation « agroécologiques ». Pour les agriculteurs adhérents des Cuma, l'heure est désormais à l'approche « systémique ».

Deux ans après avoir montré leur intérêt à vouloir accompagner les agriculteurs vers la triple performance de leur exploitation, « l'enjeu réside désormais dans le big data », explique Ivan Alquier, vice-président de la Fncuma, lors d'un débat sur la contribution des agroéquipements à l'agroécologie. « Aujourd'hui, nous ne nous limitons pas aux tracteurs ou aux moissonneuses-batteuses, poursuit Thierry Panadero, président de Claas Europe de l'Ouest. Nous nous intéressons aux systèmes de production et à toutes les données que les outils et les tracteurs peuvent capter dans les champs. »

Des relais entre les constructeurs et les agriculteurs

Pour développer à plus grande échelle des pratiques « écologiquement intensives », les Cuma sont convaincues que les agriculteurs devront savoir gérer une quantité phénoménale de données recueillies sur leurs animaux ou dans leurs champs. Et leurs représentants estiment que leurs structures coopératives peuvent être un bon relais entre les constructeurs qui apportent de plus en plus de solutions pour capter les données, et les agriculteurs qui devront les trier.

Mais, que ce soit pour développer des pratiques agroécologiques ou mieux analyser une quantité croissante de données dans les exploitations, les Cuma doivent toujours se battre sur le front des soutiens publics.

Parce qu'elles constituent un potentiel d'emplois en agriculture, les Cuma dénoncent toujours leur éviction, au même titre que les autres coopératives, du dispositif du Cice (Crédit d'impôt compétitivité emploi). En compensation, la Fncuma demande la mise en place d'un crédit d'impôt en faveur des adhérents « qui feraient appel à la prestation main-d'œuvre d'une Cuma, avec le matériel de la coopérative ou dans le cadre de l'activité groupement ».

Le suramortissement de 40 % fermé aux Cuma

« Elément structurant des Cuma et souvent vecteur de créations d'emploi», la construction de hangars nécessaires à l'activité des coopératives « est régulièrement contestée » en zone agricole en vertu du code de l'urbanisme. Dans les prochains jours, le ministre de l'Agriculture devrait signer un décret pour assouplir les règles en vigueur, a assuré Philippe Mauguin, directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, en clôture de l'assemblée générale.

Sur le front des financements, la Fncuma regrette que ses structures ne puissent pas profiter de la récente mesure fiscale exceptionnelle mise en place début avril. Pour ses représentants « cette mesure de suramortissement de 40 % de la valeur des investissements entre le 15 avril 2015 et le 15 avril 2016 » aurait permis d'encourager l'investissement collectif.

Autre source d'inquiétude : la fin des prêts bonifiés Mts-Cuma. Créés en 1982, ces prêts ont financé de 12 % à 50 % des investissements des Cuma. Mais à cause de démarches administratives devenus trop lourdes, et surtout de taux d'intérêt très bas, le dispositif est sous-utilisé.

Pour le remplacer, le ministère de l'Agriculture a proposé une aide directe à la création de hangars et à l'investissement immatériel, comme l'accompagnement de projets ou la formation. L'enveloppe budgétaire consacrée aux prêts bonifiés, qui s'élevait à 2,5 M€ par an, sera maintenue dans le nouveau dispositif.

TNC