le 26/11/2015 à 17:20

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Clonage commercial en Chine 100 000 embryons de bovins seront clonés l’an prochain, 1 million ensuite

Le clonage d'embryons permettra sans doute à la Chine d'améliorer rapidement le potentiel génétique des races bovines ou porcines. Si l'Europe interdit pour le moment le clonage, importerons-nous prochainement des embryons clonés ou des semences de taureaux chinois ? (©TNC)

Le clonage d'embryons permettra sans doute à la Chine d'améliorer rapidement le potentiel génétique des races bovines ou porcines. Si l'Europe interdit pour le moment le clonage, importerons-nous prochainement des embryons clonés ou des semences de taureaux chinois ? (©TNC)

La Chine est en train de construire la plus grande usine de clonage animal au monde. Au programme : chiens renifleurs, animaux de compagnie, bovins de boucherie de haute qualité, chevaux de course et "primates non humains".

Mise en service dès l'an prochain, l'usine de clonage de Tianjin dans le nord de la Chine promet de produire 100.000 embryons de bovins clonés la première année avant d'étendre la production annuelle à un million, rapporte le journal South Chine Morning Post.

Le centre de clonage animal commercial de Tianjin est le fruit d'une joint-venture par Sinica Boyalife une entreprise de recherche sur les cellules souches, avec l'Université de Pékin de médecine moléculaire, l'Académie de biomédecine de Tianjin et la Fondation de recherche Sooam Biotech de Corée du Sud. Xiaochun, le président de Sinica Boyalife, a déclaré que l'investissement dans la première phase du projet était de 200 millions de yuans (30 millions d'euros) et l'investissement total devrait atteindre les 3 milliards de yuans (440 millions d'€).

L'entreprise n'en est pas à son premier essai. Sinica a déjà cloné plus de 550 chiens renifleurs pour les aéroports, les douanes et la police. Les scientifiques de Shanghai ont également entrepris de réécrire les règles de la reproduction avec une expérience révolutionnaire qui combine le matériel génétique de deux souris femelles portant des anomalies génétiques pour créer une descendance saine.

Si l'intérêt économique du clonage peut éventuellement se comprendre pour des animaux à très forte valeur comme certains chevaux de course ou chiens de riches propriétaires, le retour sur investissement d'animaux de rente à très grande échelle (vaches laitières ou à viande) parait plus hasardeux. Et le projet semble assez contesté par les consommateurs chinois qui, après avoir subi plusieurs scandales sanitaires, n'ont guère envie de manger du bœuf cloné ou du lait issu de vaches clonées.

Une technologie désormais commercialisable

Si le risque pour la santé des consommateurs apparaît comme minime, d'autres risques à moyen et long termes sont à prévoir avec le clonage à très grande échelle d'animaux d'élevage : quels peuvent être les risques sanitaires liés au regroupement d'un grand nombre d'animaux au génome strictement identique ? Comment multiplier et reproduire un cheptel sans diversité génétique ?

Néanmoins, selon l'investisseur : « lorsque l'efficacité du clonage était encore faible et le taux de réussite peu élevé, cette technique ne pouvait être considérée qu'uniquement comme une technologie de laboratoire difficile de mettre en production industrielle. Mais la technologie de clonage animal est aujourd'hui différente de celle d'il y a 20 ans, et nous sommes prêts pour la commercialisation. »

TNC