le 27/01/2016 à 07:25

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Crise de l’élevage Des éleveurs français et européens s’en remettent à Dieu

Dans les appartements pontificaux qui jouxtent la basilique Saint-Pierre de Rome, Boris Gondoin sera parmi les 140 éleveurs reçus par le Pape François mercredi 27 janvier 2016 dans la matinée. (©TNC)

Dans les appartements pontificaux qui jouxtent la basilique Saint-Pierre de Rome, Boris Gondoin sera parmi les 140 éleveurs reçus par le Pape François mercredi 27 janvier 2016 dans la matinée. (©TNC)

Des éleveurs européens membres de l’EMB, dont une douzaine de Français, sont reçus dans la matinée du mercredi 27 janvier 2016 par le Pape François, au Vatican. Bien au-delà de la croyance religieuse, ils souhaitent obtenir le soutien du Souverain Pontife pour exiger des instances européennes davantage de « justice économique et sociale ». Boris Gondoin, président de l’Apli et éleveur dans la Meuse, fait partie de la délégation.

Quel est le sens de cette visite au Vatican, devant le premier représentant de la religion catholique ?

Boris Gondoin : Au sein de l'EMB, nous dénonçons le fait qu'aucun représentant européen ne daigne nous recevoir. Depuis qu'il est arrivé à la Commission européenne, Phil Hogan n'écoute absolument pas les paysans, plongés dans une très grave crise, notamment pour la filière laitière en ce qui nous concerne. Alors si personne ne veut nous écouter, pourquoi ne pas en parler au Pape ! C'était un défi que nous nous étions donné. Nous avons obtenu une audience.

Pourquoi le Pape ?

Boris Gondoin : Au-delà des considérations religieuses, le Pape est un chef d'Etat très influent en mesure de faire pression auprès de nos dirigeants européens. Avec lui, nous partageons, me semble-t-il, les mêmes combats : il est contre la compétitivité entre les hommes, il défend la justice sociale et économique . Or, à travers nos demandes maintes fois répétées d'une plus grande régulation de la production laitière , c'est exactement ce que nous voulons.

Quels messages allez-vous lui faire passer ?

Boris Gondoin : Nous lui dirons que la recherche indéfinie de compétitivité entre l'Europe, la Nouvelle-Zélande ou les Etats-Unis, de même que les négociations du Tafta, doivent s'arrêter. Les surproductions agricoles qui en découlent appauvrissent de nombreux pays. Cette pauvreté est à l'origine des conflits et de l'afflux de migrants en Europe.

Les producteurs français ne seront jamais davantage compétitifs par rapport à d'autres pays. Le niveau social se dégrade de jour en jour, sauf pour les 1 % les plus riches de la planète. Tout ce système détruit la qualité de l'alimentation, la santé.

Nous allons remettre au Pape un panier garni contenant des produits agricoles équitables : du lait équitable français, des fromages hollandais ou des desserts belges notamment.

Il n'y a donc aucune considération religieuse à cette « audience » devant le Pape ?

Boris Gondoin : Comme beaucoup d'entre nous, je suis catholique non pratiquant. Mais la détresse des producteurs est telle que, s'il faut s'en remettre au Pape pour faire avancer les choses, pourquoi ne le ferions-nous pas !

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140 membres de l'EMB venant de toute l'Europe seront reçus demain en audience par le pape et lui remettront ce panier cadeau avec des produits du lait équitable.

TNC