le 28/01/2016 à 10:25

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Viande bovine Les prévisions complètes de l’institut de l’élevage pour 2016

La production française de bovins finis devrait augmenter d'un peu plus de 1 % en 2016. (©TNC)

La production française de bovins finis devrait augmenter d'un peu plus de 1 % en 2016. (©TNC)

La production française de viande bovine pourrait augmenter de plus de 1 % en 2016, selon les prévisions de l’Institut de l’élevage. Une hausse deux fois moins élevée que pour l’ensemble de l’Europe. La consommation des ménages français va, à l’inverse, continuer de s’éroder.

« Après un rebond en 2015 (+ 2,5 %/2014) faisant suite à deux années à l'étiage, la production française de bovins finis devrait augmenter d'un peu plus de 1 % en 2016, à 1,52 million de tonnes équivalent carcasse ». Selon les prévisions de l'Institut de l'élevage, « les réformes laitières resteront dynamiques et celles de femelles allaitantes seraient elles aussi plus importantes qu'en 2015. La production de jeunes bovins serait quasi stable, alors que celle de veaux de boucherie diminuerait franchement. Les exportations de broutards pourraient rester élevées si tant est que les restrictions à l'export s'assouplissent. »

« Des femelles en nombre »

« La production française de femelles poursuivra sa reprise pour totaliser 824 000 tonnes équivalent carcasse (téc) en 2016 (+ 3 %/2015). L'année 2015 avait déjà enregistré un rebond des réformes laitières, après deux années au plus bas ; les réformes allaitantes étaient quant à elles, contre toute attente, restées à l'étiage.

Le retournement de la conjoncture laitière a entraîné de nombreuses réformes en 2015, si bien que le cheptel de vaches laitières s'est réduit d'un peu plus de 1 % sur l'année. Le rythme des réformes devrait se maintenir en 2016, d'autant que de nombreuses génisses sont prêtes à entrer en production. Ainsi, dans l'hypothèse optimiste d'une stabilisation du cheptel laitier en fin d'année, au moins 35 000 vaches supplémentaires devraient être réformées. Si la conjoncture laitière reste morose, un scénario pessimiste est à envisager, avec davantage d'abattages liés à des cessations d'activité.

Du côté allaitant, le cheptel s'est encore étoffé en 2015 (+ 1,5 %/2014 au 1er décembre), en raison de l'incitation à garder les vaches pour bénéficier de la nouvelle Aide aux Bovins Allaitants (ABA) qui ne sera finalement pas attribuée en fonction de références historiques. Les bonnes conditions fourragères de l'automne et la conjoncture délicate ont probablement aussi ralenti les sorties. Dans l'hypothèse d'une stabilisation du cheptel en fin d'année, davantage de vaches allaitantes. pourraient être réformées en 2016 pour pouvoir accueillir les primipares dont le nombre sera de nouveau en hausse. Les abattages supplémentaires interviendraient plutôt au second semestre, après le sevrage des broutards de l'année. L'alourdissement des carcasses de vaches allaitantes, constaté au sein de chaque race, se poursuivra.

La production de génisses de boucherie devrait se stabiliser, rompant avec la tendance à la baisse liée à la recapitalisation du cheptel à l'œuvre depuis 2013. L'arrêt de la capitalisation d'une part et plus conjoncturellement la mise en place de « babynettes » initialement programmées pour être exportées en laitonnes, mais bloquées par la FCO, devraient en effet relancer cette production. »

Nouvelle hausse des exportations de broutards

« Malgré de grosses perturbations à partir du 11 septembre, les exportations françaises de broutards ont fortement progressé en 2015 (+ 6 %/2014), grâce à l'augmentation de l'offre et à l'ouverture du marché turc. Dans l'hypothèse de solutions trouvées au cours du 1er semestre pour limiter les contraintes liées à la FCO, les exportations de bovins maigres pourraient progresser de 2 %.

L'offre sera de nouveau en hausse cette année et les clients turcs sont dans les starting blocs pour s'approvisionner en broutards français dès que les barrières sanitaires seront levées. Par ailleurs, le bas prix de l'aliment du bétail stimulera les mises en place en Espagne, dont les importations d'animaux issus de la zone réglementée viennent d'être à nouveau autorisées. Il permettra aussi de freiner l'érosion des achats des engraisseurs italiens, d'autant que les alternatives aux broutards français restent peu nombreuses. »

Légère baisse des sorties de taurillons

« La production de jeunes bovins laitiers devrait se réduire significativement (de l'ordre de 4 % sur l'année), les effectifs de mâles à sortir en 2016 étant en baisse très nette. Les mises en place ont en effet subi un coup de frein à partir de mai 2014, alors que la perspective de la fin des quotas laitiers avait stimulé l'abandon ou la réduction de l'activité d'engraissement dans de nombreuses exploitations laitières et que le prix des JB laitiers finis se dégradait.

La production de JB de type viande sera relativement stable sur l'année, probablement en légère hausse au premier semestre et en légère baisse au second.

Le nombre de JB produits serait donc en légère baisse, baisse qui sera partiellement compensée par la hausse du poids moyen des carcasses. Celle-ci poursuivrait sa tendance haussière, les coûts alimentaires étant orientés à la baisse et la proportion de JB laitiers (plus légers) se réduisant.

Les exportations de JB finis seraient stables, malgré la concurrence de l'Espagne, de l'Europe de l'Est et du Brésil. Une éventuelle ouverture du marché turc pour des animaux finis, qui semble aujourd'hui peu probable, doperait les flux. »

Stabilité de la production de boeufs

« Après un rebond en 2015, la production de boeufs se stabilisera en 2016. L'augmentation tendancielle des poids compensera une légère baisse des effectifs. Les bœufs restent un bon moyen de valoriser les prairies éloignées du siège de l'exploitation et peu mécanisables. »

Recul de la production de veau de boucherie

« La production de veaux de boucherie reprendrait sa baisse. Après un fort alourdissement des carcasses en 2015 en raison de l'engorgement du marché à partir de l'été, les poids reviendraient à la normale et les mises en place seraient limitées, ce qui porterait la baisse en volume à - 2 %/2015. Les coûts de production resteront maîtrisés, avec un prix du petit veau qui demeurera bas, de même que celui de l'aliment d'allaitement. Une stabilité du prix de la viande de veau à la distribution pourrait contribuer à limiter le recul de la consommation en France. »

Erosion de la consommation française

« Après un palier en 2015, la consommation par bilan devrait s'éroder en 2016. En effet, la stabilisation de 2015 est sans doute due en partie à un stockage dans les entreprises, au vu de la nette baisse des achats des ménages (- 1,7 % en volumes selon le panel Kantar). Les larges disponibilités en viande de vache conduiront à une baisse des importations de viande. Moins de viande de jeune bovin sera utilisée en France, augmentant le disponible pour l'export, notamment vers le marché allemand où les bonnes performances de 2015 devraient se répéter en 2016. Les sorties de JB seront en effet en baisse outre-Rhin. »

Production et consommation en hausse en Europe

« La production européenne de viande bovine a progressé de près de 3 % en 2015 et devrait de nouveau augmenter en 2016 (+ 2 %). Le retournement de la conjoncture laitière après deux années de capitalisation a provoqué d'abondantes réformes de vaches qui devraient se poursuivre cette année. La croissance du cheptel laitier a en outre conduit à des naissances supplémentaires de veaux mâles. Certains ont été exportés vers pays tiers, d'autres sont dans les ateliers d'engraissement des différents États membres, notamment à l'Est de l'UE.

Après une baisse de 1 % en 2015, sous l'effet de l'évolution des taux de change, les importations européennes de viande bovine pourraient augmenter légèrement en 2016. Brésiliens et Uruguayens devraient être particulièrement présents sur le marché mondial, avec des productions prévues en hausse et des monnaies qui continuent à se déprécier. Le nouveau gouvernement argentin pourrait en outre assouplir sa gestion du contingent Hilton et abolir les taxes à l'export, ce qui entraînerait un retour de la viande argentine sur la scène mondiale. Les flux en provenance d'Amérique du Nord devraient en revanche diminuer, en raison du renforcement de la concurrence pour l'accès au contingent « panel hormones », saturé l'an dernier.

Les exportations de viande bovine européenne pourraient rebondir après avoir marqué le pas l'an dernier. L'Irlande et la Pologne notamment auront plus de viande à exporter.

La consommation de viande bovine dans l'UE à 28 a augmenté de 3 % en 2015, l'accroissement des disponibilités européennes se conjuguant au dynamisme de la demande dans les États membres du Nord (Allemagne et Royaume-Uni notamment). Les volumes consommés pourraient de nouveau progresser en 2016, sous l'effet de la hausse des disponibilités. »

N.B : Source: Institut de l'élevage

TNC