le 29/03/2016 à 07:25

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Les applis au quotidien Rémi Dumery : « Mon smartphone, c’est ma boîte à outils numériques »

Rémi Dumery estime que la révolution numérique des exploitations passera par une meilleure circulation des données. (©Rémi Dumery)

Rémi Dumery estime que la révolution numérique des exploitations passera par une meilleure circulation des données. (©Rémi Dumery)

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Blogueur, agri-twittos influent et féru de nouvelles technologies et de numérique, Rémi Dumery utilise quotidiennement des applications mobiles pour mieux gérer ses 130 ha de grandes cultures. Témoignage d’un céréalier ultra-connecté.

« M oi, mon téléphone ? Je m'en sers très peu pour téléphoner. » Pour autant, Rémi Dumery n'est pas prêt de lâcher son smartphone ! "Cultivateur beauceron" à Boulay-les-barres, non loin d'Orléans, Rémi Dumery est bien connu des agri-twittos sous le nom de "DumDum". Passionné par son métier et l'agriculture de précision, le céréalier l'est tout autant pour les nouvelles technologies et le numérique. Logiquement, il est un utilisateur plutôt éclairé des applications mobiles. A tel point qu'il est régulièrement sollicité par les entreprises développant des nouvelles applis pour les agriculteurs. « Certaines me demandent mon avis sur une appli en cours de création ou fraîchement disponible, raconte le producteur. Je ne me prive pas pour leur dire que ça pourrait être beaucoup mieux. »

Si de nombreux services rendus « pourraient être bien meilleurs », Rémi Dumery trouve quand même son bonheur dans la gamme d'applications agricoles regroupées sur les plateformes mobiles. Son HTC One M7 est désormais indispensable dans son travail quotidien. « L'appli que j'utilise le plus sur l'exploitation, c'est l'appareil photo, pour suivre l'état de mes cultures, identifier d'éventuelles adventices, mais aussi recenser le gibier. » À peine pris, les clichés sont automatiquement transférés sur son compte Dropbox. Avec cette application de stockage de données, l'agriculteur peut consulter tous ses fichiers n'importe où. « Ceux correspondant aux photos mentionnent la date, l'heure et les coordonnées GPS. L'idéal pour savoir quand j'ai photographié une parcelle de blé, un produit phyto ou une mauvaise herbe. Comme je n'ai pas beaucoup de mémoire , je retrouve très vite toutes ces infos. » Le soir, dès qu'il rentre au bureau, les clichés sont déjà dans son ordinateur fixe. « C'est un bon moyen de traçabilité. » Et lorsqu'il est en réunion, le smartphone est toujours à portée de main. « Je ne prends plus de notes, je photographie les slides présentées. »

Son couteau suisse dans les champs

Parmi les services propres à l'agriculture, Rémi Dumery est un adepte de Focus Ravageurs. Une application de Bayer réalisant un suivi collaboratif du risque ravageurs sur les cultures. « Pour mes colzas, je saisis directement sur l'appli le nombre d'insectes, de charançons du bourgeon terminal ou de méligèthes par exemple, piégés dans mes cuvettes jaunes. C'est bien plus commode d'enregistrer le comptage au champ que devant son ordinateur en revenant au bureau. »

Pour gérer la fertilisation de ses colzas, le producteur a aussi une solution dans son HTC. En l'occurrence, une appli du groupe Yara. « ImageIT permet d'évaluer la biomasse et la quantité d'azote absorbée par mes cultures en entrée et sortie d'hiver. C'est très pratique ». Après plusieurs années d'expérimentation, le blé d'hiver a d'ailleurs rejoint le colza dans la gamme de cultures incluses dans l'application du fabricant.

Rémi Dumery surveille également les adventices de ses cultures grâce à Evalio FlashFlore de Dupont. « C'est rare, mais il m'arrive parfois de ne pas reconnaître une mauvaise herbe. Je la prends en photo, Fashflore l'analyse et me répond que c'est probablement telle ou telle espèce. Cette appli aussi est bien utile. »

Pendant la campagne d'arrachage de ses betteraves, le producteur a sorti à plusieurs reprises son smartphone. « Avec Distance and mesure, je calcule directement la surface restant à arracher. Je fais le tour de la zone en question en 4 X 4, appli activée et téléphone posé sur son support. Et j'obtiens instantanément le nombre de mètres carrés. »

Google est son ami

Au fil des années, le portable est devenu le couteau suisse de Rémi. Ou plutôt sa "boîte à outils numériques". « Dans une caisse à outils, il y a plein de choses dont vous ne vous servez jamais. Dans mon smartphone, c'est pareil. » L'agriculteur ne compte plus le nombre d'applis installées. « J'en ai téléchargé plein pour voir ce que c'était, qui finalement ne sont pas intéressantes. Les applis grand public peuvent également faciliter le quotidien des exploitants agricoles. Avec 26 600 tweets à son actif depuis août 2010, Rémi Dumery est une référence sur Twitter dans la profession. « C'est une source d'informations importante pour moi. » Et pour gérer son temps et ses échanges, Google est son ami ! « Gmail, Google agenda et Google Maps en particulier. » ICoyote l'aide aussi à « se souvenir des endroits où sont placés les radars fixes. »

En utilisateur exigeant, le producteur beauceron a bien un avis sur le développement des applis. « De nombreuses sociétés ont tendance à décliner leur site web sur smartphone ou tablette. Personnellement, je ne vois pas vraiment l'intérêt. » Les écrans des smartphones sont aujourd'hui plus grands, avec de meilleures résolutions. Ils permettent de visualiser correctement un site internet pour peu qu'il soit bien conçu. « Lorsque qu'une appli ne me convient pas, c'est souvent parce que la fonction proposée n'est pas judicieuse, ou parce que l'ergonomie n'est pas optimisée. Certaines applis sont faites à l'envers et ne sont pas logiques par rapport à notre façon de travailler dans les champs. » L'agriculteur le répète volontiers : « une appli doit répondre à un besoin bien spécifique et doit être très simple d'utilisation ! »

Selon lui, le principal frein réside dans les formats propriétaires des données que la majorité des fournisseurs s'obstinent à utiliser. « En matière d'agriculture de précision notamment, j'attends avec impatience des solutions qui permettent de récupérer plus facilement des informations pour pouvoir ensuite les analyser. » « Une donnée qui ne peut pas circuler d'un logiciel à un autre n'a aucune valeur pour l'agriculteur », résume-t-il.

TNC