le 15/04/2016 à 07:25

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Technologies geek Les réseaux freinent le développement des objets connectés en agriculture

Objets connectés en agriculture, 2016 sera l'année de leur développement. (©Fotolia)

Objets connectés en agriculture, 2016 sera l'année de leur développement. (©Fotolia)

Aujourd’hui, les objets connectés se limitent bien souvent aux montres, caméras et autres dispositifs fonctionnant en wifi. Mais ce n’est que la première génération d’objets connectés. Très bientôt vont arriver des objets connectés de taille réduite, moins gourmands en énergie. Et communiquant moins d’informations mais sur de plus grandes distances. Où en sommes-nous dans le monde agricole ?

Un objet connecté est un objet pouvant communiquer sans fil avec d'autres pour récupérer, stocker, transférer et traiter des informations sans rupture entre les mondes réel et numérique. D'un côté, il y a bien souvent de nombreux capteurs et de l'autre, des unités de traitement ou de stockage avec une interface de consultation ou de commande. Une définition plutôt théorique mais qui montre que le nerf de la guerre, c'est le réseau permettant à ces objets de communiquer. Or c'est justement le facteur limitant à ce jour.

Les facteurs limitants : les réseaux de communication et la taille de la batterie

Les réseaux de type wifi disposent d'une bande passante importante – jusqu'à plusieurs centaines de mégabits (mb) par seconde – mais restent limité en termes de distance d'opérabilité. En France, la limite légale des 100 mW pour les antennes et les amplificateurs restreint bien souvent à quelques centaines de mètres la communication wifi malgré de bonnes conditions météo et des équipements performants. Le débit reste limité au niveau du routeur par la connexion adsl. La fracture numérique est encore importante.

Le débit des réseaux des opérateurs télécom, comme la 2, 3 ou 4G, est de plus en plus élevé. Cependant, les antennes coûtent cher et les parcelles les plus reculées ne sont que très rarement équipées. Alors, ne vous étonnez pas si vous n'avez pas de réseau dans votre tracteur. Autre problème : le coût de l'abonnement qui, même pour des données uniquement, est généralement de 15 € par mois, voire plus. Vous n'allez quand même pas laisser votre beau smartphone au bout du champ pour qu'il serve de modem !

Heureusement, une nouvelle génération de réseaux de communication spécialisés s'implante un peu partout en France. Deux écoles s'affrontent.

D'un côté, Qowiso et le Français Sigfox, qui vient de signer un partenariat avec SFR. Tous deux militent pour un réseau Narrow Band, de longue portée mais de faible débit. Conçu au départ pour être unidirectionnel, il peut maintenant gérer le bidirectionnel. À ce jour, près de 1 500 antennes Sigfox sont installées et couvrent 91 % de la population française. L'entreprise se développe également à l'international et entend conquérir de nouveaux pays.

De l'autre côté, Bouygues Télécom et Orange ont choisi un réseau LoRaWan. Ils privilégient donc une technologie d'étalement de spectre, de portée et de débit moyens, prévue pour le bi-directionnel. Revers de la médaille, il faut de nombreuses antennes pour couvrir le territoire, 5 000 à 8 000 environ, c'est pourquoi le réseau reste encore à l'état embryonnaire. Afin de pallier ce défaut, Orange propose une lampe qui permet d'éclairer mais surtout d'étendre le réseau LoRa de Orange en intérieur. Le programme LoRa sera déployé à l'international par une interopérabilité des réseaux, comme pour le téléphone portable actuellement.

Qui gagnera la bataille de la normalisation du réseau des objets connectés ? Difficile à dire aujourd'hui. Toutefois, il existe un point commun entre ces deux philosophies de réseau : l'économie d'énergie. En effet, elles utilisent des modems qui consomment beaucoup moins d'énergie qu'un modem GSM classique.

Ces nouveaux réseaux vont-ils accélérer l'essor des objets connectés ? Pour le grand public, les premières applications permettront par exemple de retrouver les clés perdues. Et en agriculture ?

Mais quid des applications pour l'agriculture ?

Les objets connectés agricoles, déjà présents sur les réseaux 2 ou 3G, évolueront. On peut citer les détecteurs de chaleurs, de rumination et de vêlage des vaches, les colliers et autres podomètres, qui migreront sûrement en LoRa ou SigFox dans les années à venir.

Mais les nouveaux réseaux de communication vont voir fleurir de nouveaux objets comme les détecteurs de rupture de clôture, ou de niveau de fioul, ou les stations météo. Isagri, entre autres, a opté pour le réseau SigFox pour sa station météo connectée, Météus. 2016 sera certainement l'année des objets connectés et les salons d'automne dévoileront sans doute de nombreuses nouveautés dans ce domaine.

TNC