le 01/06/2016 à 07:25

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Conservation des sols François Peaucellier : « les betteraves en direct, ça marche ! »

Plusieurs semaines après la levée, il n'y a pas de différence notable entre les techniques. (©TNC)

Plusieurs semaines après la levée, il n'y a pas de différence notable entre les techniques. (©TNC)

François Peaucellier, agriculteur dans l’Oise, préside aussi l’Apad, une association qui milite pour la conservation des sols. Cette année, il teste les betteraves en semis direct sous couvert. Tour de plaine.

François Peaucellier est agriculteur dans l'Oise. Il cultive deux sites dont un à Herchies, au nord de Beauvais. 24 ha sur les 70 sont ensemencés de betteraves. Cette année, l'entrepreneur a semé 20 ha à l'aide d'un semoir conventionnel Planter de Kuhn . Les quatre autres, c'est le nouveau Väderstad Tempo R de l'exploitation qui s'en est chargé. Et sans travail du sol ! Bien que la technique paraisse périlleuse en betteraves, le résultat parle de lui-même.

François ne se lance pas dans cette expérience par hasard. Il est président de l'Apad de Picardie, une association de promotion de l'agriculture durable. Elle est composée de neuf associations régionales qui visent à accompagner la dynamique des agriculteurs et à faire connaître (ou reconnaître) l'agriculture de conservation des sols. Un bon argument pour la réalisation de ce test !

L'outil idéal pour semer en direct !

Quelques semaines après le semis, à l'occasion d'un tour de plaine avec des collègues, l'agriculteur est agréablement surpris du résultat. « Cette parcelle a été déchaumée cet automne avec un outil à disques. Au printemps, je suis repassé pour aérer, réchauffer et affiner la terre. Ensuite, c'est l'entrepreneur qui a semé avec un semoir Planter de Kuhn », explique le jeune producteur.

L'autre parcelle, celle de 4 ha, a été conduite différemment. À l'automne, il a semé un couvert végétal (trèfle d'Alexandrie et moutarde) avec son semoir Semeato. Au printemps, François a détruit le couvert chimiquement, sans toucher au sol. Pour semer les betteraves, il a utilisé son semoir Väderstad Tempo R le 21 mars. « À 10 km/h, il ne m'a pas fallu longtemps ! Ce semoir, c'est l'outil idéal pour semer en direct ! », s'exclame le président de l'association.

« La force de pénétration des socs l'autorise à travailler dans ces conditions. Le réglage est simple, il suffit de lever le semoir pour modifier la pression des éléments. J'agis sur le ressort, je repose et le tour est joué ! », explique le betteravier. Après le passage du semoir, des zones ne se referment pas bien. « Ce sont les zones où il y avait du ray-grass. Le sol est compact et les racines empêchent le semoir de refermer le sillon. Mais la pluie a terminé le travail », raconte-il. Plus tard, toutes les levées seront finalement bonnes.

Attention ! Surveillez les limaces ! Dans l'Oise, les pluies du mois d'avril ont favorisé l'apparition des prédateurs. Les jeunes betteraves sont appétentes. « Pour faire au mieux, il faudrait épandre les granulés anti-limace dès le semis. La suppression du couvert affame les limaces. Alors dès que les betteraves pointent le nez, elles se jettent dessus ! Il faut être très vigilant », prévient l'agriculteur.

Mi-mai, le développement des betteraves est identique d'une parcelle à l'autre. François est satisfait puisque le test est concluant. « Mon objectif : réaliser 100 % des semis de l'exploitation en semis direct. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai acheté le Tempo R. La qualité du semis et les levées confirment que, même en betterave, le semis direct, ça marche ! »

TNC