le 05/08/2016 à 12:00

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OUVRAGE / VIENT DE PARAITRE Éthique des relations homme/animal

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Des représentants de l’Académie d’agriculture de France et de l’Académie vétérinaire de France ont constitué un groupe de réflexion, animé par Bernard Denis, sur les relations entre l’homme et les animaux, analysées dans leur composante morale.

Le livre reflète ce travail, conduit avec la prudence qu’exige la complexité du sujet et avec le souci de ne pas théoriser l’éthique car celle-ci ne doit pas se soustraire des données sociétales où entrent en jeu de multiples impératifs. La situation de l’animal, ses liens plus ou moins proches avec l’homme, font aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations, de controverses, souvent d’intransigeances. Les positions avancées, qui révèlent pour beaucoup une part de vérité, sont à prendre en compte. L’objectif du groupe est de les équilibrer en fixant une « juste mesure « aux attitudes et interventions que commande l’éthique.
L’ouvrage comprend cinq chapitres, complétés par des annexes, qui portent sur l’étendue des rapports que l’homme entretient avec les animaux perçus dans leur diversité. La multiplicité des thèmes entraîne une disparité des analyses ; les unes approfondies, d’autres plus superficielles.
S’interroger sur la nature animale est un préalable à tout développement sur la coexistence de l’homme avec les animaux. La question est logiquement posée dans les premières pages de l’ouvrage. Mais, pour ne pas prendre parti, car le consensus est très difficile en ce domaine, le texte se limite à l’énoncé, brièvement commenté, des différentes approches du problème.
Le chapitre qui suit est le plus développé. Aujourd’hui, les nombreux soupçons envers les conditions de vie des animaux de rente, les interrogations sur la souffrance animale, les inquiétudes des professionnels, invitent à analyser avec objectivité, en termes éthiques, la situation de l’élevage français. Lui est attachée la notion de bien-être si largement vulgarisée et pourtant si mal définie.
Des commentaires étoffés lui sont consacrés.
Le troisième chapitre porte sur l’expérimentation animale. Bien réglementée depuis quelques années, mieux raisonnée, l’utilisation des animaux aux fins d’investigations scientifiques, toujours indispensable, ne devrait plus susciter des anathèmes, encore trop fréquents, à l’égard de l’expérimentation animale.
L’éthique des relations avec les animaux familiers ne pouvait pas être éludée tant le sujet tient une place importante dans notre société. Toutefois, le groupe n’a pas cherché à approfondir un domaine très vaste, aux nombreuses interférences. Seuls les points les plus notoires ont été soulignés.
Le dernier chapitre passe en revue d’autres aspects des relations avec l’animal. Ils sont d’une grande variété. Depuis l’éthique de la chasse, amplement analysée jusqu’à l’attitude envers les plus petites bêtes, malfaisantes ou bénéfiques, qui font alors de la microfaune un trait d’union entre l’éthique animale et l’éthique environnementale.
A la fin de ce livre éclectique figurent des propos que des académiciens, étrangers au groupe, ont bien voulu rédiger après lecture du manuscrit. Librement exprimées, contradictoires pour certaines, ces opinions enrichissent un débat suscité par les options du groupe que d’aucuns estimeraient trop consensuelles.
Le thème traité dans l’ouvrage est un condensé des documents émanant des nombreux échanges au sein du groupe. Un CD Rom, inséré sous la couverture, rassemble ces textes et offrira ainsi un utile complément d’informations.

Gilbert Jolivet - AAF