le 12/08/2016 à 07:25

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Ravageurs [Enquête] 20 % de la sole bretonne de maïs touchés par la géomyze

La mouche géomyze réalise 3 cycles par an et peut causer des dégâts sur d'autres cultures, notamment les triticales (©Arvalis)

La mouche géomyze réalise 3 cycles par an et peut causer des dégâts sur d'autres cultures, notamment les triticales (©Arvalis)

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Une enquête menée par Arvalis-Institut du végétal et la Chambre d'agriculture de Bretagne auprès des agriculteurs révèle qu'entre 80 000 et 100 000 hectares de maïs breton auraient été touchés par la géomyze. Le climat hivernal doux, qui n'a pas freiné le développement de la mouche, est pointé du doigt.

Suite à l'attaque de mouches sur maïs survenue ce printemps en Bretagne, dont l'essentiel des dégâts étaient attribués à l'espèce géomyze, un questionnaire a été lancé en juin auprès des agriculteurs afin de caractériser le phénomène. L'enquête, menée conjointement par la Chambre d'agriculture de Bretagne et Arvalis-Institut du Végétal, se composait d'une partie dédiée à l'estimation des dégâts sur la sole de maïs de l'exploitation, et d'un second volet recueillant des informations sur la plus grande parcelle de maïs de la ferme.

« L'ampleur de l'attaque est sans précédent en Bretagne, depuis la création du réseau BSV en 2009. Même les dégâts de mouches rencontrés dans le cours des années 1990, déjà importants, n'étaient pas aussi remarquables », rappelle Alix Deléglise, animatrice Surveillance biologique du territoire à la Chambre d'agriculture de Bretagne.

L'enquête a recueilli 418 réponses d'agriculteurs, cultivant au total 13 600 ha de maïs, soit 3 % de la sole de maïs de Bretagne. Une seconde enquête a été menée par téléphone auprès des principaux distributeurs.

Des dégâts homogènes en Bretagne

D'après l'enquête, les surfaces de maïs concernées par les dégâts de mouches en Bretagne seraient de l'ordre de 80 000 à 100 000 hectares, soit entre 17 et 22 % de la sole bretonne. L'enquête estime que les attaques sont de l'ordre de 7 % sur les surfaces protégées par un insecticide au semis, et de 67 % sur les surfaces non protégées.

Les dégâts sont globalement répartis de manière homogène sur toute la Bretagne, même si certains secteurs ont été un peu moins touchés, comme la région de Quimper et le nord-est des Côtes d'Armor. Le Finistère et le centre Bretagne ont, au contraire, subi plus de dégâts.

Ces zones les plus touchées ont fait l'objet d'un re-semis au mois de juin, avec plus de 15 % de surfaces concernées dans le Finistère. Au total, une faible proportion des parcelles ont fait l'objet d'un re-semis : entre 5000 et 7000 hectares, soit un peu plus de 1 % de la sole maïs de Bretagne. « Nous avons conseillé cette opération à partir de 50 % de surfaces détruites, ensuite la décision a été prise au cas par cas, selon la destination, fourrage ou grain, de la culture de l'exploitation », précise Alix Deléglise.

13 % de plantes touchées sur parcelles traitées

La seconde partie de l'enquête portait sur la plus grande parcelle de maïs de l'exploitation. En présence d'une protection insecticide au semis, le pourcentage de plantes touchées sur les parcelles est de 13 %, toutes solutions confondues (traitement de semences ou micro-granulés). Cette proportion grimpe à 42 % en l'absence de protection insecticide au semis. A noter que 15 % de ces parcelles, même non protégées, n'ont subi que très peu d'attaques (en vert sur graphique ci-dessous).

Il est à noter que l'échantillon sondé n'était pas tout à fait représentatif de la sole de Bretagne, puisque 28 % des parcelles enquêtées avaient fait l'objet d'un traitement insecticide au semis, alors qu'on estime en Bretagne à 55 % le taux de surfaces protégées, essentiellement avec le traitement de semences Sonido.

La météo, principale responsable

L'enquête, qui a comparé l'efficacité des différents traitements de semences utilisés dans l'échantillon, indique que le Sonido a réduit en moyenne de 83 % l'impact de géomyzes sur les parcelles. Les autres solutions ont été moins efficaces. En revanche, le pourcentage de dégâts ne semble pas influencé par l'emploi d'un engrais starter, ni par l'environnement de la parcelle (exposition, proximité de haies ou de prairies, etc.)

La principale hypothèse avancée pour expliquer cette attaque sans précédent est la grande douceur de l'hiver, qui n'a pas freiné le développement des insectes. Par ailleurs, les semis, qui se sont déroulés la première décade de mai, ont été précédés d'une alternance de périodes froides et de périodes chaudes, ce qui a pu favoriser l'éclosion des géomyzes. « Le fait que la grande majorité des semis aient eu lieu en même temps peut avoir accentué l'impact des mouches, ajoute prudemment Alix Deléglise, puisque tous les maïs se sont retrouvés à un stade sensible au même moment. »

TNC