le 16/08/2016 à 17:25

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Réseau Biodiversité pour les abeilles « La filière apicole doit signer un pacte avec le monde agricole »

Une jachère de phacélie, appétente pour les abeilles, pérennise la pollinisation (©TNC)

Une jachère de phacélie, appétente pour les abeilles, pérennise la pollinisation (©TNC)

Le Réseau Biodiversité pour les abeilles regrette que la loi pour la reconquête de la biodiversité ne prenne pas plus en compte l'enjeu de la ressource alimentaire pour les pollinisateurs. Il préconise la mise en place d’actions collaboratives entre apiculteurs et agriculteurs, comme le développement des jachères apicoles.

Suite à l'adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, le Réseau Biodiversité pour les abeilles (RBA) regrette que « le texte ne prévoit que de trop rares dispositions pour reconquérir la biodiversité, qui permet de pérenniser les services écosystémiques, tels celui de la pollinisation », et de ne pas prendre assez en compte l'enjeu qu'est la disponibilité d'une ressource alimentaire pour les pollinisateurs.

« Ce n'est pourtant plus un secret pour personne : bien alimentées, les abeilles sont en bonne santé », souligne Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel et président-fondateur du Réseau Biodiversité pour les abeilles. De fait, l'implantation de jachères sur 0,5 % de la zone de butinage assure aux abeilles les deux tiers de leurs besoins en protéines.

Pour le RBA, le texte est « une occasion ratée pour conjuguer efficacement aménagement des territoires, gestion des paysages, développement de la biodiversité et compétitivité de l'agriculture ». « Il faut tirer les leçons d'un débat parlementaire malheureusement éloigné des réalités concrètes du terrain. Les acteurs de la filière apicole doivent aujourd'hui prendre en main leur destin. Celui-ci passe par un pacte de confiance avec le monde agricole, qui détient les clés d'une biodiversité opérationnelle », dixit Philippe Lecompte.

Le modèle collaboratif à l'honneur de la semaine de l'abeille

Lors de la 5e édition de la Semaine européenne de l'abeille et de la pollinisation, en juin dernier à Bruxelles, les experts ont souligné l'intérêt du modèle collaboratif. A travers des exemples de projets, entre autres, « Symbiose », la mise en place d'une trame verte au cœur de la Champagne crayeuse, ou « Apiluz », programme de gestion de la luzerne, favorable aux abeilles, les acteurs du colloque ont démontré la nécessité de rechercher le gagnant-gagnant. Le RBA demande aussi aux pouvoirs publics une remise en cause du plafonnement de la MAE pollinisation qui, selon lui, a réduit le revenu des apiculteurs.

TNC