le 24/08/2016 à 09:00

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RECHERCHE Cultivons nos sols mais aussi nos cerveaux !

Gérard MATHERON

Gérard MATHERON

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans sa régulière publication sur l’état de la France, pointait, entre autres régressions, notre mauvais score sur la part de notre budget consacrée à la recherche.

Avec seulement 2,26%, nous sommes encore très loin de l’objectif de la Stratégie de Lisbonne qui stipulait que les Etats européens devaient y investir 3% de leur PIB. La France est à la traîne en la matière, sa part dans les publications scientifiques internationales et dans les demandes mondiales de brevets diminue de manière inquiétante. Sa compétitivité est en conséquence écornée. Dans le même temps, le Président de la République, sous la pression de tous nos prix Nobel, renonçait finalement à de nouvelles coupes qui étaient bel et bien programmées dans le budget de la recherche publique.
La recherche privée demeure encore très loin des objectifs de Lisbonne. Notre tissu d’entreprises est hésitant ou, pour les plus modestes, dans l’incapacité, faute de soutiens, d’investir pour notre avenir (les investissements de R&D des entreprises françaises ont progressé presque trois fois moins vite que ceux de l’ensemble des entreprises européennes depuis 2005). En outre les partenariats du privé avec la recherche publique est loin de faire consensus.
La société civile, elle, est de plus en plus frileuse vis-à-vis des innovations et, en partie par manque d’information et de transparence, doute de la science et finalement remet en cause le bien-fondé des nouvelles technologies. Les élus se fondent dans la masse des opinions, agissent au coup par coup en réaction à tel ou tel incident, certains cèdent au populisme et finalement, au lieu d’assumer des choix forts pour l’avenir de notre société, laissent, sur ces questions, les divers acteurs s’opposer frontalement. Se rajoute à cela les actions de celles et ceux qui dénoncent le profit de certaines entreprises innovantes en associant les attentes « capitalistes » de leurs actionnaires à des innovations produites qui, par assimilation négative, seraient néfastes aux humains ou à leur environnement.
Tout ceci interpelle et finalement laisse en suspens une question : ne serions-nous pas opposés au progrès technique ? Ne serions-nous pas en train de remettre en cause un des piliers de notre développement depuis un siècle ? Ne serions-nous pas en train d’hypothéquer la compétitivité de notre pays et en particulier celle de notre agriculture ? Cultivons nos sols mais aussi nos cerveaux ! Dans un tel contexte la culture scientifique ne devrait-elle pas devenir une priorité stratégique de notre pays afin que chacune et chacun puisse, en toute connaissance de cause, assumer ses choix de vie et contribuer à l’élaboration d’un modèle de société porteur d’épanouissement pour tous ?

Retrouvez la publication sur l'état de la France en cliquant ici.

Gérard MATHERON - Saf agr’iDées