le 25/08/2016 à 12:25

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Crise céréalière Les défenseurs des semences de ferme dénoncent l'aide aux céréaliers franciliens

La Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF) pointe du doigt les aides de 6,5 millions d'euros débloquées par la Région Ile-de-France en vue de financer des semences certifiées de blé pour les semis d'automne. « Un geste qui ne s'adresse pas aux bons destinataires », estime la Coordination.

« En période de crise, l'heure est aux économies », rappelle la CNDSF, qui préconise « l'utilisation massive des semences de ferme » comme « première mesure de sobriété ». Selon l'organisation, « rien ne permet d'indiquer que les semences certifiées sont de meilleure qualité que les semences fermières puisque produites dans les mêmes champs ».

La CNDSF signale aussi que « les semenciers ont obtenu une dérogation cette année pour vendre de la semence de ferme en tant que semence certifiée », faisant passer un prix de l'ordre de 52 €/ha à 92 €/ha « pour le même résultat ».

Pour le CNDSF, les aides de la Région Ile-de-France, qui s'élèvent à 6,5 millions d'euros, sont mal ciblées : « il est primordial d'orienter toutes les aides qui leur sont destinées directement vers les producteurs, afin que ceux-ci en perçoivent l'intégralité. Que les semenciers puissent profiter d'un effet d'aubaine pour préserver leur chiffre d'affaires et leurs marges ne nous paraît pas prioritaire aujourd'hui ».

Une position que partage le Modef. Le syndicat des exploitants familiaux dénonce qu' «encore une fois, les semenciers vont profiter d'argent public », demandant à ce que le gouvernement « mette en place une dérogation sur la loi sur les semences » pour pouvoir utiliser les graines de semences de ferme, habituellement exclues de la vente.

TNC