le 02/09/2016 à 16:25

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Quel avenir pour la Pac après Brexit ? A Chambord, les ministres en faveur d'une Pac plus efficace face aux crises

Au chateau de Chambord, Stéphane Le Foll et 19 autres ministres européens de l'agriculture ont appelé à une Pac plus efficace contre les aléas que subissent les agriculteurs. (©TNC)

Au chateau de Chambord, Stéphane Le Foll et 19 autres ministres européens de l'agriculture ont appelé à une Pac plus efficace contre les aléas que subissent les agriculteurs. (©TNC)

A l’invitation de Stéphane Le Foll, 20 ministres de l’agriculture ou leurs représentants ont débattu au château de Chambord sur l’avenir de la Pac suite au vote britannique en faveur du Brexit. « Il n’y aura pas de Pac-exit », assurent-ils. Au contraire, c’est la volonté d’une Pac plus efficace pour les agriculteurs qui s’est exprimée.

Dans le cadre très critiqué du château de Chambord, fermé au public pour l'occasion, Stéphane Le Foll avait convié ses 27 homologues européens ce vendredi 2 septembre pour entamer les échanges sur l'avenir de la Pac suite au vote britannique en faveur du Brexit.

« Il ne s'agissait pas de prendre des décisions », mais d'engager les échanges en vue de la prochaine réforme de la Pac. 20 ministres ou représentants du Parlement européen étaient présents, mais étaient absents des ministres de grands pays européens, comme l'Italie, séisme oblige, l'Espagne plongée en pleine crise gouvernementale, et les Pays-Bas.

Toujours sur la forme, la réunion se voulait très « informelle », avec des échanges en groupes de travail, mais « sans compte rendu officiel », à l'issue de laquelle Stéphane Le Foll a néanmoins prononcé ce qu'on peut appeler une déclaration d'intention, plutôt optimiste.

Les ministres ont mis en avant « quatre grands principes » pour l'avenir de la Pac. D'abord, « il n'y aura pas de Pac-exit », assure Stéphane Le Foll au nom de tous les participants. Nous sommes particulièrement attachés à la Pac, élément important de la construction européenne ». « On va aussi devoir simplifier la mise en œuvre de cette Pac, tout en gardant sa cohérence, mais avec plus de souplesse.(...) Et la Pac doit faire face à de grands enjeux, alimentaires, environnementaux, économiques et territoriaux. »

Les ministres conviennent unanimement qu'il faut « améliorer les outils » de la Pac, en matière de gestion des risques. « Les outils actuels ne permettent pas de faire face à ces chocs que subissent les agriculteurs. Il faut des outils plus adaptés », a insisté le ministre français de l'agriculture.

Pour mieux aider les agriculteurs à passer les crises, l'idée d'un « troisième pilier spécifique » a émergé. L'idée pourrait refaire surface dans dix jours lors de la grande réunion des ministres européens à Bratislava, la capitale slovaque. Là-bas, Stéphane Le Foll compte aborder une autre problématique : « comment on assure une meilleure répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire, car ce sont les agriculteurs qui subissent tous les chocs. »

Même si le terme est toujours un gros mot dans les couloirs de la commission européenne, la piste d'aides « contracycliques » a fait consensus auprès des ministres présents à Chambord. « Mais il ne faut pas considérer cette notion comme elle est abordée dans le Farm Bill américain ». Car à l'inverse du budget fluctuant du budget agricole américain, variable selon les aléas, il n'est pas question d'envisager une variabilité du budget européen.

En fait, de 0 à 30 % de pertes chez les agriculteurs, Le Foll souhaite voir activées des aides contracycliques. Et au-delà de 30 %, le cas échéant, c'est la « solidarité européenne » qui interviendrait.

Reste l'interrogation budgétaire que suscite le futur Brexit. Le Royaume-Uni est un contributeur net au budget européen et, de surcroît au budget agricole. « Il manquera 7 Mds€ », chiffre Stéphane Le Foll. Où trouver ces 7 milliards ? La politique agricole devra-t-elle se mettre au régime sec, à l'instar d'autres politiques européennes ?

TNC