le 09/09/2016 à 11:25

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Guy Vasseur, président de l’APCA « Nous avons un engagement moral à l’égard des jeunes agriculteurs »

Claude Cochonneau, Guy Vasseur et Dominique Chalumeau lors de la conférence de presse de rentrée de l'APCA, le 7 septembre 2016. (©TNC)

Claude Cochonneau, Guy Vasseur et Dominique Chalumeau lors de la conférence de presse de rentrée de l'APCA, le 7 septembre 2016. (©TNC)

Guy Vasseur, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, a plaidé pour la gratuité de l’accompagnement pour les jeunes agriculteurs en difficulté.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Guy Vasseur a plaidé pour que « toutes les organisations professionnelles agricoles » aient « le même langage » et le même discours face à « la conjugaison désastreuse de facteurs de crise. Le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture déplore le manque d'accompagnement humain des producteurs en difficulté. « Il faut développer d'autres solutions pour les accompagner ». En particulier auprès des jeunes agriculteurs. « On a un engagement moral à l'égard des jeunes agriculteurs. Nous devons leur proposer un accompagnement le plus gratuitement possible. »

Dans ce contexte « d'année noire », Guy Vasseur y est allé de ses critiques à l'encontre de l'Europe et du gouvernement. Il a d'abord dénoncé le manque de stratégie agricole européenne. « L'Europe a abaissé ses dispositifs de soutien alors que le Farm Bill américain a fait l'inverse. Nous nous étions opposés à la sortie des quotas laitiers car il fallait d'autres mesures. Et que dire de l'embargo russe. Je ne comprends pas que l'UE n'arrive pas à trouver de solution politique avec la Russie. C'est inadmissible que ce soit l'agriculture qui en fasse les frais. »

Il faut par ailleurs, revoir au plus vite le système assurantiel. Selon les chambres d'agriculture, les primes d'assurance pourraient augmenter fortement suite aux nombreux incidents climatiques de 2016.

« Le nouveau dispositif n'est pas appétant. » Depuis l'entrée en vigueur de socle commun d'assurance récolte, « on observe une forte perte du nombre d'agriculteurs souscrivant au système. » L'APCA souhaite une réelle ambition de l'Europe pour l'assurance récolte, assorti d'une réassurance publique de la France. Et Guy Vasseur de suggérer de rendre le dispositif obligatoire.

L'APCA estime qu'il faudrait consacrer une partie plus importante du budget de la Pac, non pas pour la seule assurance récolte, mais bien dans un système assurantiel plus large. « Avec 700 M€, on pourrait couvrir toutes les surfaces françaises à hauteur de 80 %. »

Reste que les signaux pour réorienter la Pac dans cette voie sont encore minces, malgré les bonnes intentions des ministres européens exprimées vendredi 2 septembre au château de Chambord. Le Brexit, qui était l'élément déclencheur de cette réunion informelle, inquiète le président de l'APCA. « Les Britanniques vont vouloir négocier ardemment leur sortie, en cherchant à conserver les avantages de la Pac sans en avoir les inconvénients », prédit-il, évoquant le « chèque anglais » négocié par Margaret Thatcher.

TNC