le 14/09/2016 à 07:25

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Space 2016 – Portrait d’éleveurs De l’Ouest à l’Est, une même passion pour la Montbéliarde

Olivier le Gall (à g.) et Stéphane Blondet partagent la même passion pour les Montbéliardes. (©TNC)

Olivier le Gall (à g.) et Stéphane Blondet partagent la même passion pour les Montbéliardes. (©TNC)

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Le Space accueille le concours national de la Montbéliarde, avec sur le ring, 58 vaches venues d’une cinquantaine d’élevages. Parmi eux, Olivier Le Gal et Stéphane Blondet, installés aux extrémités ouest et est de l’Hexagone.

Stéphane Blondet et Olivier Le Gal conduisent tous les deux un troupeau de 65-70 Montbéliardes. Installés respectivement dans le Jura et le Finistère, la diversité de leurs systèmes de production montre tout le potentiel de leur race.

A 630 mètres d'altitude, sur le premier plateau jurassien, à Chilly-sur-Salins, Stéphane Blondet conduit, avec son frère, une exploitation typique de la filière Comté, des Montbéliardes, la race originaire de cette région montagneuse, avec une alimentation basée sur du pâturage et du foin séché en grange. « Pour préserver la typicité de notre fromage de montagne et donc, la valorisation de notre lait, nous avons un cahier des charges très exigeant sur l'alimentation, le taux de chargement », souligne l'éleveur.

Bien plus à l'Ouest, à Brelès (29), à la pointe du Finistère, Olivier Le Gall élève aussi des Montbéliardes. « Mon père a choisi cette race en 96, retrace l'éleveur. Avec l'arrivée des quotas, comme on ne pouvait pas augmenter le revenu par le volume, il a voulu trouver autre chose, jouer sur la qualité du lait plus que sur le volume, et aussi développer le produit viande. Avec la Montbéliarde, on gagne 100 euros par réforme. Sur 70 bêtes vendues par an, ça compte. En plus, le troupeau avait des problèmes de repro. » Les 6 premières génisses montbéliardes arrivent en 96. Puis le changement de race s'est fait par croisement d'absorption « Avec des bonnes et des mauvaises surprises, se souvient-il. C'est long mais peu coûteux. A mon installation, en 2004, j'ai conforté la Montbéliarde en achetant 5 vaches. » Travaillant seul sur son exploitation, Olivier Le Gall a fait le choix d'un robot de traite. En Bretagne, avec un menu à base de maïs, betteraves et d'herbe ensilée ou pâturée, les vaches sortent du 15 février au 15 décembre. Alors que les rigueurs du Jura tiennent leurs collègues en étable du 11 novembre à la mi-avril.

Une même passion

Leurs systèmes d'élevage sont on ne peut plus différents, mais une même étincelle brille dans leurs yeux quand ils parlent de leurs vaches. Olivier Le Gall et Stéphane Blondet, partagent une même passion pour la Montbéliarde. En cette veille de concours national, chacun bichonne sa championne, Fée (Ralban), en 4e lactation, pour le Finistérien et Ionaf (Flash JB), en 1ère lactation pour le Jurassien. « Bien sûr que je serais content de monter sur le podium, mais je viens surtout pour échanger avec d'autres éleveurs de Montbéliardes, explique Olivier Le Gall. Dans mon coin de Bretagne, on n'est pas très nombreux dans cette race. » Si ce n'est pas son premier concours, ça sera son premier national. « D'habitude, je ne fais que le Space, souligne-t-il. C'est une chance que le National y soit organisé. »

Stéphane Blondet est un peu plus habitué des rings. « C'est toujours une satisfaction personnelle de présenter une belle vache. Ionaf est déjà sortie depuis le début de sa lactation. » « Mais ça ne t'empêche pas de stresser », rigole son collègue. L'heure n'est pas encore à la compétition mais plutôt à la bonne humeur et aux franches discussions. « Participer au concours, c'est un antidote anti-morosité », estime Olivier Le Gall, qui apprécie de se retrouver entre éleveurs. « C'est sympa de discuter avec des éleveurs d'autres races. En plus au Space, on peut voir différents concours. » Avec leurs contraintes – le trajet de 12h pour Stéphane Blondet, la ferme à faire tourner en son absence pour Olivier Le Gall - les deux éleveurs se sont donné les moyens pour assister à ce grand rendez-vous pour leur race.

Avec plus de 100 000 visiteurs attendus, le salon breton est une belle opportunité d'assurer la promotion de la race. « Notre race a des atouts à l'export, par exemple vers le Maghreb, apprécie Stéphane Blondet. En participant au concours, on assure une vitrine pour la promotion de notre race. » Pour qu'elle soit encore plus belle, chaque éleveur s'empresse de retourner veiller sur sa meilleure vache.

TNC