le 22/09/2016 à 17:25

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Plan d’urgence agricole La CGT dénonce le lobbying patronal pour faire baisser les cotisations sociales

La CGT-Fnaf, branche agricole du syndicat de salariés, dénonce farouchement le lobbying de la FNSEA en faveur d’une nouvelle baisse des cotisations sociales agricoles, « soutenue sans retenue par les caisses MSA elles-mêmes ». Le syndicat juge intolérable le déséquilibre du budget de la sécurité sociale agricole.

« Au nom de conditions climatiques défavorables pour les productions céréalières, la Fnsea, Xavier Beulin en tête, mène une campagne soutenue pour un nouvel abaissement des cotisations sociales patronales, faisant fi, cela va de soi, des années favorables », commente la CGT-Fnaf dans un communiqué. « Cette campagne nationale est soutenue sans vergogne et sans retenue par les caisses de MSA, comme si celles-ci étaient succursales ou officines du syndicat agricole. (...) Pourtant, dès l'année passée, une baisse de cotisations de près de 730 millions d'euros a été avalisée par le gouvernement Valls. »

« Le budget de la MSA est déjà gravement déséquilibré. Les agriculteurs contribuent pour seulement 20 % de la partie recettes alors qu'ils bénéficient pour près de 60 % des prestations, poursuit le syndicat. Une telle situation est intolérable. Les mesures prises aggraveront encore cette réalité. »

« Les cotisations des salariés agricoles, la solidarité de la Sécurité Sociale et donc des salariés, les ponctions dans les caisses de l'Etat, et donc encore, dans les poches des salariés et de la population ne correspondent plus à une solidarité justifiée. Il s'agit d'un véritable hold-up organisé au bénéfice d'une caste réduite de gros exploitants agricoles. (...) Le patronat agricole bénéficie de plus en plus de la solidarité nationale et de la socialisation du financement agricole, tout en menant notamment une politique ultra rétrograde pour les salariés de son propre secteur. »

« Ce ne sont pas les bas salaires et des exonérations de plus en plus importantes qui permettront le développement de notre agriculture, mais bien un changement fondamental d'orientation permettant dans chaque filière de nouvelles politiques ayant comme objectif de répondre aux besoins et revendications des salariés, des petits et moyens agriculteurs, de la population. Une réelle souveraineté alimentaire nationale, une alimentation saine et socialement accessible sont des exigences qui frappent à la porte. C'est en ce sens que le ministère de l'agriculture doit agir et non pas embrayer sur toutes les stratégies et lubies des milieux dirigeants de la Fnsea. Notre protection sociale a tout à y gagner ».

TNC