le 11/10/2016 à 11:00

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Filière lait Comment accompagner la conversion de son atelier lait en période de crise ?

François Pichonneau, jeune agriculteur, a lancé en 2015 le projet de passer au bio l’exploitation familiale qu’il a reprise en 2009.

François Pichonneau, jeune agriculteur, a lancé en 2015 le projet de passer au bio l’exploitation familiale qu’il a reprise en 2009.

Il n’est pas impossible de convaincre son banquier d’investir en période de crise. F. Pichonneau nous explique pourquoi le Crédit Mutuel a suivi son projet de conversion en agriculture biologique.

François Pichonneau, jeune agriculteur, a lancé en 2015 le projet de passer au bio l’exploitation familiale qu’il a reprise en 2009. Cette exploitation, GAEC PICHONNEAU GOISLARD située en Anjou, possède un atelier lait de taille moyenne avec 70 vaches laitières et 120 hectares de terres.
Son projet qui concernera tout d’abord les terres et par la suite, les vaches, sera finalisé en mars 2018. Les terres doivent être transformées sur une durée d’environ 18 mois, puis les vaches se nourrissent pendant 6 mois en bio afin de permettre la commercialisation du lait biologique.
 
Pourquoi décider de passer au bio ?
La décision de passer au bio a été prise pour des questions de valorisation du produit et d’un marché plus porteur dans un contexte difficile pour la filière lait. Nous devons travailler différemment, aller vers plus de systèmes herbagés et cultiver moins de céréales. Il faut dorénavant peut-être produire un peu moins, mais avoir plus de marge de manœuvre, d’indépendance par rapport aux coopératives & aux fournisseurs.
 
Quelle est votre stratégie pour consolider l’entreprise ?
Ma stratégie est claire, c’est la diversification !
En 2012, j’ai créé un atelier porte-graines (Plantes cultivées, conservées jusqu'à la maturité totale, en vue de récolter leurs graines comme semences). Les semences, cultivées dans des serres de 2000 m2, sont vendues surtout à l’étranger (Pays-Bas et Allemagne) à des chaines de jardineries ou à des maraîchers.
Cette année, en 2016, j’ai lancé la production d’asperges. Une production qui a des débouchés et qui est moins dépendante des coopératives.
 
Vous avez dû investir pour tout cela ?
Oui bien entendu, j’ai engagé des investissements en machine, une machine qui ramasse l’herbe et un nouveau robot de traite automatisée des vaches. L’achat d’un robot de traite s’est également imposé car l’installation actuelle est vieillissante mais aussi pour réduire le besoin de main d’œuvre en particulier du fait des nouvelles activités graines et asperges.
Les serres ont également nécessité un investissement.
 
Quel est le rôle du Crédit Mutuel dans votre projet ?
Le Crédit Mutuel est la banque de mon entreprise familiale à hauteur de 90%.
Quand j’ai un nouveau projet, je contacte mon conseiller, il se déplace et je lui présente le projet. Mon conseiller Crédit Mutuel n’est pas que focalisé sur les comptes, il me connait, il connait la qualité de mon travail. Il cherche à comprendre le projet pour pouvoir évaluer au mieux son potentiel. Le conseiller connait et comprend le secteur, il suit l’actualité. Il est au fait de la situation difficile du secteur et veut aider les projets à aboutir pour un bénéfice commun. Par exemple, le Crédit Mutuel m’a totalement soutenu pour les diversifications engagées.