le 23/10/2016 à 10:00

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Note de lecture – Académie d’Agriculture de France Les OGM - Pourquoi la France n’en cultive plus ?

Les OGM - Pourquoi la France n’en cultive plus ?

Les OGM - Pourquoi la France n’en cultive plus ?

Bernard Le Buanec, membre de l’Académie d’Agriculture de France, publie aux Presses des Mines, dans la collection « Libres opinions », un essai de 60 pages (préfacé par Agnès Ricroch), où il retrace les aléas de la culture des plantes génétiquement modifiées en France, culture aujourd’hui interdite par la loi du 3 juin 2014.

Comme il l’affiche clairement l’auteur fut un acteur engagé, scientifique, professionnel de l’amélioration des plantes, et fortement attaché à la coopération entre la recherche industrielle et la recherche publique. Un acteur qui a le sentiment d’avoir perdu un combat et tente, rétrospectivement, de comprendre comment une innovation porteuse, largement soutenue par les pouvoirs publics dans la décennie 1980-1990, a été neutralisée en France au XXIème siècle par les responsables politiques eux-mêmes.

Le livre de Bernard Le Buanec évoque les périodes d’alternance entre autorisations et moratoires, de la fin des années 80 à 2014, et analyse les jeux d’acteurs qui ont contribué à façonner une vision négative des organismes génétiquement modifiés : « OGM » auprès de l’opinion publique, des responsables économiques et des politiques.

En cela cet ouvrage est riche d’avertissements et d’enseignements pour tous ceux qui ont le souci du progrès des connaissances et de leurs applications dans le monde du vivant, notamment dans la sphère de la production agricole et alimentaire, et souhaitent le faire partager malgré les vents contraires alimentés par une nouvelle sensibilité à la nature de la société, les idéologies technophobes qui envahissent l’espace médiatique et la prudence de politiques tiraillés entre des avis scientifiques discordants et leur base électorale, assimilée à de simples consommateurs.

Cet ouvrage, qui reste malgré tout distancé par rapport à l’amertume qu’aurait pu porter légitimement l’auteur devant ce gâchis français, arrive à point nommé au moment où les mêmes acteurs se préparent aux mêmes affrontements technophobes. Mais du passé trop proche retient-on les leçons ?

Jeanne GROSCLAUDE