le 31/08/2017 à 17:25

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Filière laitière Entre démondialisation et concurrence accrue, quatre scénarios pour l’avenir

L'étude prospective de FranceAgriMer sur la filière laitière mondiale laisse le champ ouvert à toutes les évolutions. (©TNC)

L'étude prospective de FranceAgriMer sur la filière laitière mondiale laisse le champ ouvert à toutes les évolutions. (©TNC)

Issue d’un travail auquel ont participé de nombreux acteurs de la filière, FranceAgriMer publie une étude prospective sur la filière laitière détaillant quatre scénarios possibles pour le marché mondial du lait et la filière laitière française. Des scénarios plus ou moins optimistes, entre développement des nouvelles technologies, concurrence accrue ou, à l’inverse, démondialisation et régression.

FranceAgriMer a publié fin août 2017 une étude prospective mettant en avant quatre scénarios possibles pour la filière laitière dans les prochaines décennies. L’étude, qui aborde de manière très complète tant l’évolution des systèmes de production que celle de la structuration de la filière et de la stratégie des industries laitières, expose plusieurs possibilités quant à la consommation de produits laitiers dans le monde et les échanges mondiaux.

« Lait High tech et démondialisation »

Dans un premier scénario intitulé « Lait High tech et démondialisation », FranceAgriMer entrevoit une accentuation de la crise économique mondiale. Dans un contexte défavorable aux échanges mondiaux, les principaux pays importateurs seront incités à développer leurs propres filières de production laitière. Cela pourrait être d’autant plus envisageable que, chez les actuels exportateurs comme l’Europe, des nouvelles épizooties de type FCO ou Schmallenberg pourraient affecter la production. A cela s’ajouterait une amplification de la pression environnementale à réduire les cheptels coupables d’émissions de gaz à effet de serre.

« Ainsi, les produits laitiers de base (seraient) de plus en plus consommés et fabriqués localement dans les ex-pays importateurs avec l’aide des savoir-faire européens. » « Néanmoins, malgré la crise qui impacte le commerce international, les entreprises françaises font valoir leur maîtrise des technologies innovantes (cracking,...) sur les marchés internationaux, et font du marché de la poudre de lait un marché autonome et créateur de valeur. »

« Spirale concurrentielle »

Dans un deuxième scénario de « spirale concurrentielle », la baisse de la consommation européenne de lait et sa substitution par des produits végétaux sont compensées par une progression dans les « pays émergents », moins réceptifs au discours anti-lait et plutôt dans une phase de diversification des modes de consommation. « Globalement, la consommation de produits laitiers stagne donc dans le monde alors que dans le même temps, la production laitière est en hausse depuis la fin des quotas. »

Dans ce scénario, « le marché du lait est donc caractérisé par un degré élevé de concurrence internationale et d’intensification industrielle et géographique (concurrence par les coûts industriels en aval et concentration de la production laitière dans les pays tempérés en amont). »

« Une filière laitière conquérante et régulée »

Dans un troisième scénario plus positif, « le retour à une certaine  sérénité sur l’avenir économique et sur les effets du lait sur la santé relancent la consommation. Le consommateur est de nouveau à la recherche de produits de tradition et ne considère plus uniquement le critère « prix des produits » comme seul facteur de choix. »

Le marché du lait serait alors « caractérisé par un degré élevé de concurrence internationale et d’intensification pour répondre à la demande mondiale. A l’instar de ce qui se fait en Chine, les industriels européens s’implantent pour produire dans les pays consommateurs puis complémentent leur offre par l’export de poudre de lait et autres produits innovants. »

« Le défi de la régression »

Enfin, un quatrième scénario met en exergue une forte influence du discours anti-lait et anti-élevage conduisant à une réduction de la demande intérieure. « La diminution des débouchés notamment intérieurs, conduit à une surcapacité de l’industrie laitière, d’autant plus sensible que faute de poursuite d’investissements forts en R&D (en période de baisse des prix), l’industrie française a perdu son avance en matière de maîtrise des technologies (cracking,...). En conséquence, la croissance des exportations de produits industriels (poudres) vers les pays émergents se révèle insuffisante pour saturer, mais surtout rentabiliser les outils industriels notamment en assurant un retour sur investissement suffisant en Europe. »

Ce scénario envisage alors un recul de la mondialisation, puis une réduction de la production française organisée par les organisation de producteurs.

Retrouvez l'étude en cliquant ici.

TNC