le 07/09/2017 à 18:25

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Etats généraux de l’alimentation C. Cochonneau: « Un fonds de transition pour aider les producteurs à s’adapter »

Claude Cochonneau, président de l'APCA, demande la création d'un fonds de transition pour accompagner les agriculteurs dans la mutation de leur activité. (©APCA)

Claude Cochonneau, président de l'APCA, demande la création d'un fonds de transition pour accompagner les agriculteurs dans la mutation de leur activité. (©APCA)

Claude Cochonneau propose, dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, qu’une partie des 5 milliards d’euros promis par Emmanuel Macron serve à un « fonds de transition » pour aider les exploitations agricoles à s’adapter à leur environnement économique et sociétal. Le président de l’APCA suggère également un prélèvement sur les budgets communication des entreprises pour alimenter un « fonds de communication agricole ».

Les Chambres d’agriculture, représentées dans les 14 ateliers des Etats généraux de l’alimentation, suggèrent la création d’un « fond de transition » pour aider les agriculteurs à adapter leurs exploitations à leur environnement économique, environnemental et sociétal.

« Les cinq milliards du plan de modernisation de l’agriculture promis par Emmanuel Macron lorsqu’il était candidat pourraient être en partie consacrés à des initiatives régionales permettant aux exploitations agricoles de s’adapter aux problématiques rencontrées », a expliqué Claude Cochonneau, président de l’APCA, lors d’une rencontre avec la presse mercredi 6 septembre.

« Nous souhaitons voir fléchée une partie de ces cinq milliards vers un fonds de transition de l'agriculture. Ce ne serait pas un fonds d'investissement. L'idée n'est pas d’investir des m³ de bâtiments pour mettre aux normes l’exploitation. Il s'agit plutôt de prendre une entreprise agricole, regarder son système de production et voir comment à travail égal on peut mieux valoriser la production tout en l'adaptant aux demandes sociétales. »

Il faut des moyens pour accompagner les agriculteurs dans cette phase de mutation.

Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis un grand plan de 5 milliards d’euros sur cinq ans pour moderniser l’agriculture française. L'utilisation de cette manne doit être étudiée par les participants de l’atelier transversal « préparer l’avenir : quels investissements, accompagnement technique et recherche pour une plus grande performance environnementale, sanitaire, sociale et économique », co-présidé par Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la Nouvelle-Aquitaine en charge de l’agriculture, et Philippe Mauguin, président de l’Inra.

Ce travail demande « une analyse fine de l'exploitation, un audit qui prenne en compte l'environnement, le potentiel, les compétences humaines », insiste Claude Cochonneau.

« Quant aux solutions variées envisageables, elles vont de la mise aux normes des installations aux changements de pratiques en passant par de nouveaux circuits de distribution. Cela peut parfois nécessiter un investissement, mais si la problématique est la surcharge de travail, ça peut être l'arrêt d'un atelier pour pouvoir mieux se consacrer à un autre. »

Le président de l’APCA a assuré être conscient de « la difficulté de demander à quelqu'un de changer ses pratiques en pleine période de difficultés ». « Dans beaucoup de cas, cela nécessitera un accompagnement ».

Vers un prélèvement sur les budgets de communication ?

Autre idée du président de l’APCA, « mais non validée au sein des Chambres d’agriculture » : instaurer un prélèvement d’un pourcentage du budget communication de toutes les structures qui font la promotion de produits agricoles, pour alimenter un « fonds de communication agricole ».

« Je pense que nous avons un vrai problème de communication dans notre secteur. Le mal-être des agriculteurs est entretenu par un manque de reconnaissance de notre société du métier et du statut d’agriculteur. Les entreprises communiquent beaucoup sur les produits agricoles et sur le poids de l’agroalimentaire dans notre économie. Mais elles parlent trop peu des agriculteurs eux-mêmes. »

« On pourrait ainsi obliger tous ceux qui communiquent sur des produits agricoles à réserver un pourcentage de leur budget de communication à l’alimentation de ce fonds. Ce dernier servirait à communiquer sur le métier. »

TNC