le 14/09/2017 à 09:25

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Interview de Laurent Pinatel « Il faut une vraie loi qui redonne du pouvoir aux producteurs »

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Le leader de la Confédération paysanne dénonce le « rythme effréné » des réunions des Etats généraux de l’alimentation, et craint qu’il ne s’agisse que d’une « pseudo-concertation » cachant un projet déjà ficelé par le Gouvernement.

« Les Etats généraux ? Nous y avons beaucoup cru. On entrevoyait une nouvelle façon d’aborder l’agriculture, sous l’angle de l’alimentation, et un travail de fond pour une meilleure répartition des marges avec les distributeurs. » A l’issue des premières réunions des Etats généraux de l’alimentation, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne parle de ses espoirs au passé. La nomination de représentants de Danone et Système U à la tête de l’atelier 5 sur la meilleure rémunération des producteurs a quelque peu inquiété les représentants du syndicat.

Sur la forme, le syndicat dénonce le « rythme effréné des réunions » sur des sujets aussi importants pour les agriculteurs. « On aurait préféré se laisser six mois de plus pour aboutir à des mesures vraiment efficaces. » Laurent Pinatel craint en fait que « le scénario ne soit déjà écrit » et que ces Etats généraux ne constituent qu’une « pseudo-concertation ».

« Mais la concertation, c’est bien, mais à un moment, il va falloir que l’Etat tape du poing sur la table ! » Le syndicat demande une « vraie loi qui redonne du pouvoir aux producteurs », imposant aux négociations commerciales la prise en compte des coûts de production des agriculteurs et l’interdiction de revente à perte. » Mais en l’absence d’intervention de l’Etat, Laurent Pinatel reste sceptique. « En discutant avec les distributeurs, on sent bien qu’ils n’ont pas de raison de partager davantage le gâteau. »

Et le syndicaliste d’être très critique sur la stratégie du Gouvernement et de Stéphane Travert. « En fait, on n’a toujours pas compris ce qu’est la vision agricole de Stéphane Travert. L’agriculture française dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, il la voit comment ? A cette question, nous n’avons pas la réponse. »

TNC