le 26/10/2017 à 10:25

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Grippe aviaire Après 2 ans de crise, la filière foie gras mise sur les fêtes pour se relancer

Après deux épidémies successives de grippe aviaire, les éleveurs de canards et volailles, abatteurs et fabricants de foie gras du sud-ouest parient sur les fêtes de fin d'année pour relancer une filière exsangue, mais continuent d'attendre les aides promises.

« Il y aura un avant et un après influenza aviaire », a souligné Marie-Pierre Pé, directrice générale du comité interprofessionel des palmipèdes à foie gras (Cifog), lors d'une présentation des enjeux de la saison devant la presse et de nombreux chefs cuisiniers, qui a eu lieu mercredi au Quai d'Orsay à Paris. « Les Landes, le Gers et les Pyrénées Atlantiques sont des départements sinistrés aujourd'hui », a-t-elle dit à l'AFP, car, outre les canards, la volaille a aussi été touchée par l'épidémie et les abattages de masse décidés par le gouvernement pour tenter de l'endiguer.

En 2017, à la suite du virus H5N8 de l'hiver 2016-17 et H5N1 en 2015-16, « la production va tomber à seulement 23 millions de canards », a-t-elle prévu, soit une baisse de 20 % par rapport à 2016 (29 millions), et une chute de 40 % par rapport à 2015 (près de 38 millions). Au total, quelque 4,5 millions de canards ont été abattus l'an passé au cours d'une gigantesque opération destinée à freiner la propagation du virus.

Le manque à gagner pour la saison 2017 est estimé « à 350 millions d'euros », a ajouté Marie-Pierre Pé, qui s'ajoutent aux « 270 millions » de pertes financières lors de l'épizootie de H5N1.

Sur le délicat dossier des indemnisations des éleveurs, l'Etat vient de terminer en septembre de verser les fonds liés au premier épisode de grippe aviaire en 2015-16 (H5N1). Pour la crise de l'hiver dernier (H5N8), 50 % des aides ont été versées, « 20 % vont être versés en novembre et le solde en 2018 », a indiqué Marie-Pierre Pé.

Pour Noël, « il y aura du foie gras sur les tables », a-t-elle assuré, en précisant que chacun des 2.200 élevages avait été contrôlé et était exempt de tout virus. « Ce qui prouve que le travail de biosécurité a été bien fait », a-t-elle dit. Une inquiétude persiste néanmoins puisque les élevages du sud-ouest sont en plein air, et que le virus est transmis au départ par la faune sauvage, dont la saison de migration va bientôt débuter.

« Les entreprises ont financé des équipements pour laver et désinfecter les cages de transport », a-t-elle dit. « Par ailleurs, nous allons anticiper les contrôles systématiques de canards à chaque transport (...) nous attendons une annonce en ce sens, peut-être pour la fin de semaine ». Des tests commerciaux à la charge des éleveurs sont « en cours d'homologation » par l'Anses, a-t-elle dit.

Reste le dossier des indemnisations éventuelles des industriels transformateurs, qui devraient recevoir 100 millions d'euros pour le premier épisode, et 120 millions d'euros pour le deuxième, après un feu vert en ce sens accordé par Bruxelles. « Nous attendons maintenant les arbitrages budgétaires », a dit Marie-Pierre Pé.

AFP