le 10/11/2017 à 18:25

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Grippe aviaire Les éleveurs indemnisés aussi pour les pertes au redémarrage

Les éleveurs de palmipèdes et de gallinacées seront indemnisés pour les pertes liées au vide sanitaire dû à l'épizootie H5N8, mais également pour celles liées aux difficultés de redémarrage de leur exploitation à cause de la pénurie d'animaux, comme ils le réclamaient.

Le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, « a décidé d'engager la préparation d'un dispositif visant à indemniser, sur crédits nationaux, la moitié des pertes économiques survenues après la levée des restrictions sanitaires pour les éleveurs de gallinacés et de palmipèdes pour l'épisode H5N8 du fait de l'absence de poussins et de canetons sur le marché », indique le ministère dans un communiqué diffusé vendredi.

Les producteurs de foie gras, notamment, avaient demandé au gouvernement de prendre en compte les pertes d'exploitation après la date du 29 mai, fin du vide sanitaire. Cette période n'était pas comprise initialement dans les indemnisations. Certains élevages ont en effet mis du temps à reprendre une activité normale. La faute à une pénurie d'animaux âgés d'un jour, causée par l'abattage préventif des cheptels reproducteurs de la zone décidée par les autorités sanitaires.

« Cet élargissement du dispositif d'indemnisations pour les exploitations ayant été soumises aux restrictions liées au vide sanitaire dans les départements du sud-ouest prendra la forme d'un régime d'aide d'Etat et devra être validé par la Commission européenne avant de pouvoir être mis en œuvre », précise le ministère, qui doit rencontrer prochainement les représentants des filières pour examiner les modalités de cette mise en œuvre.

Au total, « 77 millions d'euros maximum » seront mobilisés pour les exploitations de palmipèdes et de gallinacées des départements du sud-ouest touchés par l'influenza aviaire en 2017. Cette somme vise à prendre en charge, d'une part les pertes de production subies pendant les périodes de restrictions sanitaires, qui font l'objet d'un cofinancement européen, et ont fait l'objet d'avances ; et d'autre part les pertes survenues après la levée des restrictions sanitaires, financées sur crédits nationaux. Alors que la migration des oiseaux sauvages a repris, le ministre demande aux acteurs de la filière « un respect strict et collectif des mesures de biosécurité ». Les élevages de volailles « en plein air » ou « Label rouge » situés dans des communes exposées à un risque d'épidémie de grippe aviaire sont d'ailleurs autorisés par dérogation à confiner leurs animaux jusqu'à fin mai, selon deux arrêtés parus le 5 novembre au Journal Officiel (J.O.).

La France vient tout juste de recouvrer son statut indemne d'influenza aviaire, ce qui lui a notamment permis de reprendre ses exportations de foie gras vers le Japon, un débouché important.

AFP