le 28/11/2017 à 12:25

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Réautorisation du glyphosate « La France a perdu au niveau européen » , déplore le député Yannick Jadot

Le député européen EELV, Yannick Jadot, s'est félicité mardi de l'initiative française en vue d'une sortie du glyphosate en trois ans, mais a déploré que la France ait « perdu au niveau européen ».

« Déjà, il faut se féliciter que le président de la République ait pris l'initiative d'annoncer, certes par tweet, l'interdiction du glyphosate dans trois ans en France, mais incontestablement la France a perdu au niveau européen », a déclaré le député européen Yannick Jadot sur France 2. L'eurodéputé a fustigé « le retournement de la position allemande » qui « a permis » lundi l'autorisation de l'herbicide controversé pour cinq ans de plus dans l'UE. Il a aussi regretté que la France ne se soit pas davantage impliquée au niveau européen.

« Moi, j'aurais préféré un SMS d'Emmanuel Macron à Angela Merkel qu'un tweet », a-t-il dit. « Un SMS où la France aurait dit à son partenaire allemand "c'est important la santé, les paysans, l'environnement" ». « On a eu entre la Commission et les États membres un grand concours de lâcheté où Monsanto a gagné, malgré ses turpitudes, contre la santé », a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron a affirmé lundi que le glyphosate serait interdit en France « au plus tard dans trois ans », malgré un vote européen réautorisant cet herbicide controversé pour cinq ans. « C'est une bonne nouvelle, tant mieux, enfin, après six mois de gouvernement, on a une décision en faveur de l'environnement, on ne va pas bouder son plaisir », a commenté Yannick Jadot. Mais, selon lui « ça va être compliqué, franchement, on a choisi l'usine à gaz ». « On va faire quoi pour les céréales qu'on mange le matin si on a des céréales allemandes ? », a-t-il interrogé.

« On pouvait gagner au niveau européen, la France n'a pas porté cette interdiction au niveau européen, c'est dommage, mais il va falloir se battre », a-t-il encore dit, ajoutant qu'il y avait, à l'échelle du Parlement européen, une réflexion sur « des recours juridiques ». « La Commission européenne comme les États membres ne respectent pas leur obligation de protéger la santé, d'appliquer le principe de précaution, c'est un enjeu juridique ».

AFP