le 28/11/2017 à 18:25

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Glyphosate Merkel tance son ministre de l'agriculture

Angela Merkel a critiqué mardi son ministre de l'agriculture Christian Schmidt pour avoir enfreint la ligne du gouvernement en se prononçant pour le renouvellement du glyphosate, tentant ainsi d'apaiser la tempête politique déclenchée par ce vote surprise.

Le feu vert donné au prolongement de l'autorisation du glyphosate controversé lundi à Bruxelles par le ministre conservateur bavarois « ne correspondait pas à la position sur laquelle le gouvernement s'était mis d'accord », a affirmé Angela Merkel à Berlin. Elle a précisé s'être entretenue avec Christian Schmidt, originaire de l'une des régions les plus riches mais aussi les plus agricoles du pays, et insisté sur le fait « qu'un tel incident » ne devait « pas se répéter ». Le ministre est membre du parti chrétien-social CSU, allié bavarois du mouvement démocrate-chrétien de la chancelière.

À la surprise générale, l'Allemagne a voté lundi à Bruxelles en faveur du renouvellement pour cinq ans de la licence du glyphosate, substance active de nombreux désherbants et très controversée car soupçonnée d'être cancérigène. C'est en grande partie grâce à ce retournement de l'Allemagne que le oui au renouvellement l'a emporté, déclenchant l'ire des opposants. Lors des précédents votes, Berlin s'était abstenu car le ministère de l'environnement, dirigé par les sociaux-démocrates, était opposé au renouvellement de l'herbicide et en opposition sur ce point avec celui de l'agriculture.

La décision unilatérale du ministre a déclenché une polémique en Allemagne

Depuis des années, les écologistes dénoncent les dangers de cette molécule controversée, mise au point il y a plus de quarante ans par l'américain Monsanto, engagé dans une délicate fusion avec l'allemand Bayer.

En Allemagne, la décision unilatérale du ministre a déclenché une polémique qui tombe particulièrement mal : elle survient au moment où les conservateurs d'Angela Merkel tentent de convaincre les sociaux-démocrates du SPD de s'allier à eux pour former un nouveau gouvernement dans le pays. Deux mois après les élections législatives qui n'ont pas permis de dessiner une majorité claire, la chancelière et son gouvernement n'assurent actuellement plus que les affaires courantes. Une situation qui restreint sa marge de manoeuvre pour éventuellement réclamer la démission de son ministre de l'agriculture.

Les conservateurs pourraient engager des pourparlers avec les sociaux-démocrates avec lesquels ils ont déjà gouverné, mais ces derniers ne décolèrent pas depuis lundi. Les Verts ont quant à eux réclamé le limogeage du ministre conservateur. Ce dernier a admis avoir agi seul dans ce dossier. « J'ai pris la décision par moi-même et dans le cadre de mon domaine de compétence ministérielle », a-t-il affirmé.

AFP