le 28/11/2017 à 12:25

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Glyphosate Sa réautorisation, source de tensions au sein du gouvernement allemand

La réautorisation lundi par l'Union européenne du glyphosate, herbicide controversé, suscite des tensions au sein de la coalition gouvernementale allemande, au moment où conservateurs et sociaux-démocrates ont prévu de négocier une nouvelle alliance.

Le feu vert européen pour la réautorisation du glyphosate a été notamment permis par un vote favorable du représentant allemand, sur consigne du ministre de l'agriculture, Christian Schmidt, un conservateur membre de la famille politique d'Angela Merkel.

La ministre sociale-démocrate de l'environnement, Barbara Hendricks, opposée à l'herbicide, l'a immédiatement accusé d'avoir outrepassé ses prérogatives, parlant d'une « rupture de confiance » au sein de la coalition actuelle. "Ceux qui espèrent construire une relation de confiance entre partenaires de coalition ne peuvent pas se comporter ainsi", a-t-elle estimé. La ministre de l'environnement est d'autant plus en colère qu'elle a affirmé avoir expliqué à son collègue de l'agriculture dans la matinée son opposition à une prolongation de l'autorisation du glyphosate à 5 ans, au nom de la protection de l'environnement et de la santé. Selon Mme Hendricks, les deux ministres avaient convenu que l'Allemagne s'abstiendrait à nouveau et son collègue de l'agriculture n'aurait donc pas tenu parole.

L'Allemagne a réussi à restreindre l'usage de l'herbicide

L'Allemagne s'était abstenue sur le sujet jusqu'à présent en raison des divisions sur le glyphosate au sein du gouvernement, entre démocrates-chrétiens de la chancelière et sociaux-démocrates. Elle a voté finalement en faveur de la proposition de réautorisation de 5 ans, après avoir demandé des restrictions sur l'usage privé du produit et un meilleur respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier.

Le glyphosate est devenu une question sociétale après son classement comme « cancérogène probable » en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS. M. Schmidt a de son côté justifié son vote en expliquant que la Commission européenne aurait dans le cas contraire eu le dernier mot et aurait « de toute manière voté en faveur de la prolongation du glyphosate ». L'Allemagne a réussi à « imposer des conditions importantes » pour restreindre l'usage de l'herbicide, a-t-il expliqué au quotidien Rheinische Post. Cette dissension risque de compliquer les efforts en cours entre conservateurs et sociaux-démocrates en vue de former un gouvernement pour sortir l'Allemagne de la crise et répondre à l'impatience grandissante du reste de l'Europe.

AFP