le 11/12/2017 à 19:25

  • Imprimer
  • Envoyer à un ami

Coordination rurale « Le glyphosate contenu dans nos aliments vient des importations »

Des dizaines d'agriculteurs de la Coordination rurale, dont leur président, Bernard Lannes, ont manifesté le 21 novembre dernier sur le port de Lorient pour dénoncer les importations de soja OGM, en détournant le slogan #balancetonport. (©CRPicardie)

Des dizaines d'agriculteurs de la Coordination rurale, dont leur président, Bernard Lannes, ont manifesté le 21 novembre dernier sur le port de Lorient pour dénoncer les importations de soja OGM, en détournant le slogan #balancetonport. (©CRPicardie)

Suite au prélèvement et à l'analyse de différents échantillons de grains, importés et français, sur les ports de Lorient et St Nazaire le 21 novembre dernier, la CR et l'OPG sont arrivées à la conclusion que « le glyphosate contenu dans nos aliments ne vient pas des produits français mais des importations. » Elles dénoncent une désinformation de la part des associations écologistes.

Lors de leur action menée le 21 novembre sur les ports de Lorient et St Nazaire, les agriculteurs de la Coordination rurale et de l’Organisation des producteurs de grains ont prélevé et fait analyser 2 échantillons de tourteau de soja importé et 16 échantillons de grains de différentes cultures (blé tendre, quinoa, lentille, soja, avoine…) provenant d’agriculteurs français.

Les résultats montrent « des résidus significatifs de glyphosate » dans les échantillons de soja importé et aucun dans ceux des agriculteurs français. « Le glyphosate contenu dans nos aliments ne vient pas des produits français mais des importations ! » concluent-ils.

L'explication vient du fait qu'en France, « le glyphosate est utilisé majoritairement entre deux cultures pour détruire des mauvaises herbes ». En revanche, « sur le continent américain, il est systématiquement pulvérisé en végétation à deux ou trois reprises sur les cultures génétiquement modifiées qui lui sont résistantes. Il est aussi très utilisé comme dessiccant sur les cultures de légumes secs, deux semaines avant leur récolte. Ces techniques expliquant la présence de résidus sur des marchandises importées ! »

La CR et l'OPG dénoncent une désinformation de la part des associations écologistes sur le sujet et notamment de Générations futures : « Générations futures n'a jamais répondu sur l’origine des produits qu'elle a analysés et dans lesquels elle a déclaré avoir trouvé des résidus de glyphosate. La connaît-elle elle-même ? Nous pouvons émettre l’hypothèse selon laquelle les céréales pour petit-déjeuner sont des flocons d’avoine ayant reçu du glyphosate juste avant récolte provenant probablement du Canada, premier producteur mondial. Idem concernant les légumes secs : ils sont très peu produits en Europe et les importations du continent américain dominent notre marché. »

« Si le glyphosate est interdit dans l’UE, sans que celle-ci exige que les importations soient d’une qualité au moins équivalente à la nôtre, alors non seulement le consommateur ingérera toujours autant de glyphosate mais les agriculteurs européens seront victimes d'une nouvelle distorsion de concurrence », concluent la Coordination rurale et l'OPG.

TNC