le 14/12/2017 à 07:25

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Marché des viandes La Chine ouvre à nouveau son marché immense pour la viande bovine française

Jean-Paul Simier participait à Terre 2017, événement d'échanges organisé le 11 septembre 2017 par Ouest-France, la veille de l'ouverture du Space 2017.

Jean-Paul Simier participait à Terre 2017, événement d'échanges organisé le 11 septembre 2017 par Ouest-France, la veille de l'ouverture du Space 2017.

Début 2017, la Chine a officiellement levé son embargo sur la viande bovine française qu’elle avait instauré en 2001 pour cause d’ESB. En attendant la finalisation des agréments sanitaires, l’empire du Milieu offre un potentiel de débouché colossal pour la filière française.

La consommation de viande bovine a tendance à baisser en Europe. Mais dans le reste du monde, et en particulier dans les pays émergents, on observe une nette augmentation de la consommation de protéines animales. « Dans ces pays, il y a de plus en plus de consommateurs. C’est en soi une bonne nouvelle pour les marchés », commente Jean-Paul Simier, économiste spécialiste du marché des viandes.

Parmi ces pays, la Chine, avec son développement exacerbé ces dernières années, est au centre de toutes les attentions. « Il y a cinq ans, on ne parlait même pas de la Chine sur le marché international des viandes. Aujourd’hui, le pays est le premier importateur mondial de viande de bœuf. »

« Le marché chinois est immense ! Le pays importe 700 000 tonnes de viande bovine. C’est la moitié de la production française, rappelle l’expert. Mais au vu de sa faible consommation de bœuf par habitant, la Chine pourrait tripler ou quintupler ses importations dans les années à venir. »

Bonne nouvelle pour la filière viande bovine française : le marché chinois va s’ouvrir à nouveau. Pour cause d’ESB, la Chine avait instauré, en 2001, un embargo à l’importation de viande bovine française. Seize ans plus tard, « cet embargo a été officiellement levé en début d’année 2017 ». La Chine autorise désormais l’importation de bovins français de plus de 30 mois, désossés. « Il reste encore tout le travail d’agrément sanitaire à finaliser. »

La demande chinoise en viande bovine ne sera pas la même qu’en Europe. « Les habitudes culinaires sont radicalement différentes. En production porcine, nous avons réussi à valoriser des morceaux qu’on ne consomme pas en Europe. Je pense qu’on aura le même phénomène en viande bovine. Le marché chinois sera une opportunité d’exporter des morceaux considérés comme des sous-produits en France.

Viande nouvelle dont la consommation est un signe de distinction sociale, la viande se sert surtout dans les restaurants, auprès des classes aisées de la population. « A Pékin, on peut trouver des plats à base de bœuf à 80 ou 100 € dans certains restaurants haut de gamme. »

TNC