le 20/12/2017 à 12:25

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Etats généraux de l'alimentation Bras de fer viticulture/santé

Les viticulteurs français ont demandé mardi une « clarification » avant de déposer leur « plan de filière » dans le cadre des Etats Généraux de l'Alimentation, craignant que la place du vin ne « soit remise en cause » par des objectifs de santé publique.

Dans un document du Gouvernement en cours d'élaboration, « le vin est classé au même niveau qu'une drogue illicite et c'est la première fois que cela arrive en France », s'est ému auprès de l'AFP le Président du Conseil National des Interprofessions Vinicoles (Cniv) de France, Jean-Marie Barillère.

Le document contesté par le lobby viti-vinicole est issu de la « Stratégie nationale de Santé (SNS) 2018-2022 » qui fonde le cadre politique de santé publique française durant le quinquennat en cours. S'il est maintenu, « on passerait d'une lutte contre la consommation excessive - que nous soutenons pleinement - à l'idée que toute consommation de vin ou d'alcool serait excessive, et pas normale », a ajouté Jean-Marie Barillère.

« Le plan de la filière vinicole est prêt, mais nous demandons une clarification politique au plus haut niveau de l'Etat. Nous attendons en effet une reconnaissance préalable, réelle, de la place du vin et des eaux-de-vie dans notre société en tant que produit de civilisation », résume un communiqué du Cniv, qui a reçu le soutien de Jérome Despey, Président du conseil spécialisé Vins de l'organisme France AgriMer et responsable du premier syndicat agricole français FNSEA.

« L'alcool peut provoquer des cancers dès le premier verre, mais il protège aussi d'autres maladies, en particulier dans le domaine cardio-vasculaire, on ne peut pas prendre en compte le seul facteur du cancer », a ajouté Jean-Marie Barillère.

Après une réunion à l'Elysée, où les viticulteurs ont été reçus le 13 décembre, Jean-Marie Barillère a indiqué avoir « bon espoir » d'avoir été entendu.

Dans son plan de filière, demandé par le président de la République Emmanuel Macron à l'ensemble des secteurs agro-alimentaires dans le cadre des Etats Généraux de l'Alimentation avant le 15 décembre, la filière viticole proposait par exemple de supprimer tous les herbicides dans les vignobles français d'ici à 2025.

AFP