le 21/12/2017 à 14:25

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Etats Généraux de l'Alimentation FNSEA : les distributeurs « trichent »

Les négociations commerciales annuelles entre distributeurs et industriels de l'agroalimentaire « se passent mal », car les enseignes de distribution « trichent », a dénoncé mercredi la présidente du premier syndicat agricole FNSEA à la veille de la clôture des Etats généraux de l'alimentation.

« Des baisses de prix comprises entre - 2 et - 10 % sont imposées aux industriels qui ont transformé nos produits », et qui se répercutent sur les agriculteurs-producteurs, alors que les distributeurs avaient signé « la main sur le cœur » une « charte d'engagement » dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation, qui n'est « pas du tout respectée », a dit Christiane Lambert sur BFMTV et RMC.

« C'est le contraire de ce qu'ont dit les Etats généraux de l'alimentation », et le président de la République dans son discours du 11 octobre à Rungis, a souligné la responsable syndicale, qui souhaite voir Emmanuel Macron « taper du poing sur la table » vis-à-vis de la distribution, avant l'adoption attendue début 2018 d'une loi pour protéger les producteurs de la guerre des prix de la grande distribution. « La loi est quasi-prête », a-t-elle dit, elle doit être proposée « début janvier ».

« Nous avons eu connaissance des premiers articles » a-t-elle ajouté, en se déclarant favorable à l'utilisation des « ordonnances » pour gagner du temps, ainsi que l'a annoncé Emmanuel Macron en octobre. « Mais il faudra quand même trois ou quatre mois », a-t-elle prévenu.

Un texte en préparation

Selon le Figaro de mercredi, le texte de loi en préparation, qui doit encore être arbitré à Matignon, prévoirait un relèvement de 10 % du seuil de revente à perte (SRP) sur tous les produits alimentaires. Il envisagerait aussi un encadrement des promotions qui seraient limitées « à 34 % du prix de vente et à 25 % des volumes », selon le quotidien.

Ces mesures, craintes par la distribution et certaines associations de consommateurs qui redoutent des hausses générales de prix, pourraient être expérimentées pendant deux ans pour évaluer leur impact sur la filière agroalimentaire, selon le quotidien.

Interrogé, le ministère de l'agriculture a confirmé à l'AFP que le texte de loi est bien « en préparation » et qu'il porte notamment sur ces deux aspects, mais a souligné que les arbitrages sur les pourcentages et les seuils « ne sont pas rendus ». « Il y a une grosse bataille en cours », a indiqué une source proche du dossier, « tous les scénarios sont testés ».

Même prudence quant à la date de présentation de la loi, le « début janvier » de Christiane Lambert paraissant « trop rapide », d'autant que pour un recours aux ordonnances, il faut « d'abord » prévoir une loi d'habilitation, a souligné la même source.

Les Etats généraux de l'alimentation lancés en juillet ont été promis par Emmanuel Macron aux agriculteurs en pleine crise, durant sa campagne présidentielle, afin qu'ils puissent espérer de nouveau gagner leur vie avec leur production.

La clôture des Etats généraux jeudi par le Premier ministre Edouard Philippe est censée permettre l'annonce du texte de loi, ainsi que d'autres mesures environnementales ou de santé liés à la production alimentaire en France.

AFP