le 22/01/2018 à 07:25

  • Imprimer
  • Envoyer à un ami

Nouvelles techniques de pulvérisation Le drone remplacera-t-il le pulvérisateur ?

Encore interdits en France, les drones pourraient être une bonne alternative à la pulvérisation dans certains cas. (©TNC)

Encore interdits en France, les drones pourraient être une bonne alternative à la pulvérisation dans certains cas. (©TNC)

1 / 2

La pulvérisation par drone de produits phytosanitaires est désormais une réalité avec l’Agras MG-1 fabriqué par la société chinoise DJI. Fin 2018, une démonstration grandeur nature de cet engin était organisée près de Lausanne en Suisse. Le perfectionnement de l’outil, encore inadapté pour une utilisation de grande envergure en grandes cultures, devrait permettre de réaliser des traitements précoces et ciblés.

Quels avantages pour l’agriculteur de traiter ses cultures avec un drone ? La démonstration au champ de l’Agras MG-1 de l’entreprise chinoise DJI, près de Lausanne en Suisse, apporte des réponses concrètes à cette question. Prenons l’exemple d’une parcelle de 20 ha de tournesol infestée par des pucerons. Le producteur ne peut pas la parcourir dans son intégralité pour estimer l’intensité de l’attaque et la vitesse de propagation des insectes. En outre, bien souvent, les dégâts sont déjà importants lorsqu’il se rend compte de l’infestation. Un traitement de la totalité de la parcelle est alors nécessaire.

Or, un drone, équipé d’un système de cartographie, survole l’ensemble du champ en quelques minutes. Grace à ses capteurs, il établit une carte des zones atteintes, dont les coordonnées GPS sont transmises à un deuxième drone, muni d’un dispositif de pulvérisation. En quelques minutes également, ce dernier traitera les endroits attaqués de la parcelle. En associant les deux drones, l’agriculteur peut rapidement déceler le problème et intervenir là où c’est nécessaire.

Le point fort : l’efficacité du pilotage automatique

Le DJI Agras MG-1 par exemple est capable de pulvériser 5 à 6 ha par heure. Différents types de buse sont disponibles selon le débit souhaité. Il faut travailler à très bas volume car son réservoir ne contient que 10 l de produit. Côté tarif, comptez 10 000 € et l’achat de quatre à six batteries pour une autonomie suffisante.

Le point fort de ce drone, mis en évidence lors de la démonstration : l’efficacité du pilotage automatique. En effet, il gère lui-même ses passages avec une grande régularité, aussi bien pour le quadrillage de la zone que l’altitude de pulvérisation. Grâce à ses capteurs, le drone reste toujours à la hauteur souhaitée par rapport à la plante. Preuve de son efficacité : les papiers buvards disposés dans les rangs, mouillés après son passage, montrant que le produit a bien atteint sa cible. Lorsque ses batteries ou son réservoir sont vides, il revient automatiquement à son point de départ. Un inconvénient cependant : au printemps, en période de nidification, les drones semblent perturber certains oiseaux.

Encore interdit en France

Contrairement à la Suisse, la pulvérisation par drone est encore interdite en France. Toutefois, Olivier Mondon, spécialiste Europe pour la société DJI, espère « un assouplissement de la législation d’ici 2019 ». Pour l’instant, l’Agras MG-1 est surtout destiné au traitement des vignes et des arbres fruitiers. En effet, cette solution est bien adaptée aux parcelles abruptes et moins coûteuse qu’une intervention en hélicoptère.

En Chine, son pays d’origine, il est utilisé en grandes cultures, sur du maïs ou du riz, où il permet un gain de temps énorme et d’importantes économies de personnel, la plupart des applications phytosanitaires étant encore effectuées à dos d’homme. La santé des opérateurs est aussi mieux protégée.

TNC