le 23/01/2018 à 14:25

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Agroalimentaire Plaintes de l'UFC-Que Choisir pour des nanoparticules « dissimulées »

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé mardi porter plainte contre neuf entreprises agroalimentaires ou cosmétiques qu'elle accuse d'avoir commercialisé des produits contenant des nanoparticules non mentionnées sur l'étiquette.

La législation oblige les industriels à mentionner sur les étiquettes des produits alimentaires et cosmétiques la présence de nanomatériaux manufacturés, particules infiniment petites et dont les effets sont méconnus.

Mais l'UFC-Que Choisir dénonce dans un communiqué « le non-respect » de cette obligation pour une majorité de produits testés par l'association.

Dioxyde de titane, additif utilisé pour blanchir et intensifier la brillance de confiseries ou dentifrice, dioxyde de silicium ou encore oxydes de fer et de zync, les 16 produits analysés contiennent des nanoparticules mais seulement 3 en font mention sur l'emballage, assure l'association. « Si la taille des nanoparticules est infinitésimale, le doute sur leur impact sanitaire et environnemental est, lui, gigantesque », a commenté l'association.

Sur cette « liste noire des produits taisant la présence de nano » figurent des produits de marques connues comme les M&M's Peanuts (Mars), le dentifrice Aquafresh triple protection + blancheur (GlaxoSmithKline), le déodorant Sanex Natur 48h (Colgate-Palmolive), ou encore le stick à lèvres nourrissant Avène Cold Cream.

Pour cette raison, l'UFC-Que Choisir a déposé plainte auprès du procureur du tribunal de grande instance de Paris contre neuf fabricants : Groupe Casino (soupe Poule au pot déshydratée), JDE (préparation instantanée Cappuccino Maxwell House), Mars Chocolat France, Mc Cormick (épices Ducros Mélange malin italien), Colgate-Palmolive, Lavera (crème solaire Lavera 100 % minérale SPF30), Avène, Coty (gloss effet 3D-33 brun poetic de Bourgeois) et GlaxoSmithKline.

L'association demande également au ministère de l'Economie et à la DGCCRF (service de répression des fraudes) de « publier la liste des produits alimentaires et cosmétiques silencieux sur la présence de nanoparticules » et « de poursuivre effectivement les fabricants en infraction avec la réglementation ».

Suite à des contrôles de la DGCCRF, le ministère de l'Economie a estimé la semaine dernière que l'obligation d'étiquetage était « insuffisamment respectée ».

Ainsi, 87 % des 40 produits cosmétiques et 39 % des 74 produits alimentaires (confiseries, décorations pour pâtisserie, épices...) analysés contenaient des nanoparticules. Mais « un seul produit mentionnait, sur son étiquetage, la présence de tous les nanomatériaux identifiés », selon le ministère.

Ce n'est pas la première fois que l'industrie agroalimentaire ou cosmétique est mise en cause pour la présence de nanoparticules dans des produits.

L'été dernier, le magazine 60 Millions de Consommateurs avait publié des tests montrant que des additifs étaient présents sous forme de nanoparticules dans des sucreries. Etait notamment ciblé l'additif E171 ou dioxyde de titane (TiO2).

AFP