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le 01/02/2018 à 12:25

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Conjoncture laitière En 2018, le prix du lait payé aux éleveurs toujours entre deux feux

"Le prix standard du lait de vache, toutes primes et toutes qualités confondues était en moyenne de 345 €/1 000 l au mois de novembre 2017" (©TNC)

"Le prix standard du lait de vache, toutes primes et toutes qualités confondues était en moyenne de 345 €/1 000 l au mois de novembre 2017" (©TNC)

Selon le Cniel, l’année 2018 s’annonce « assez similaire à 2017 » pour les éleveurs, en termes de prix du lait. Ces prochains trimestres, ce dernier restera pris en tenailles entre deux fondamentaux de marchés radicalement opposés : des stocks énormes de poudre de lait écrémé tirant les prix vers le bas, et un manque de beurre constituant « un garde-fou vis-à-vis d’une éventuelle dégradation de la conjoncture ».

« L’année 2018 s’annonce pour l’instant assez similaire à 2017, annonce Benoît Rouyer, économiste au Cniel, dans son dernier point de conjoncture. Les importants stocks de poudre de lait écrémé ne permettent pas d’envisager un scénario euphorique. Mais a contrario, le manque de beurre donne quelques assurances, en mettant un garde-fou vis-à-vis d’une éventuelle dégradation de la conjoncture. »

Le prix de la poudre de lait écrémé se maintient « à des niveaux historiquement très faibles, 300 € en dessous du prix d’intervention ». Depuis l’automne la tonne de lait écrémé en poudre est en dessous de la barre symbolique des 1 500 €. En cause, un stock européen à l’intervention qui a continuellement grossi en 2016 et 2017.

Constatant un stock de 400 000 tonnes en 2017, les ministres de l’agriculture réunis en conseil de l’UE lundi 29 janvier 2018, avaient mis la politique d’intervention publique à l’ordre du jour.

« Le Conseil a décidé d'une modification temporaire du fonctionnement du mécanisme d'intervention publique concernant le lait écrémé en poudre, explique le Conseil de l’UE dans un communiqué. Les ministres ont fixé la limitation quantitative applicable à l'achat de lait écrémé en poudre à prix fixe à zéro tonne pour 2018. » Autrement dit, il n’y aura pas d’achat automatique à l’intervention en 2018. Néanmoins, « le filet de sécurité fonctionnera toujours dans la mesure où l'UE continuera d'être en mesure d'acheter du lait écrémé en poudre par adjudication et de décider, au cas par cas, quelle quantité acheter et à quel niveau de prix », précise le conseil.

Un cours du beurre toujours élevé, mais en baisse

Le deuxième facteur d’incertitude pour les prix payés aux producteurs : le niveau du cours du beurre reste à un niveau très élevé, mais il est redescendu début 2018 sous la barre des 5 000 €/t.

Ainsi, « selon l’enquête mensuelle de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache, toutes primes et toutes qualités confondues, et donc qui intègre non seulement le lait conventionnel mais aussi le lait biologique et le lait destiné à la fabrication d’AOP, était en moyenne de 345 €/1 000 l au mois de novembre 2017. Ce prix occupe une position intermédiaire entre le point bas du printemps 2016 et les niveaux record atteints pendant l’année 2014. »

En Europe, la France se retrouve fin 2017, en matière de prix du lait payé aux éleveurs, en queue de peloton des principaux pays producteurs.

TNC