le 01/02/2018 à 16:25

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Réaction au projet de loi « On reste chez les Bisounours » au détriment des agriculteurs (députés PCF)

Les députés communistes ont estimé jeudi qu'avec le projet de loi présenté pour apaiser les relations commerciales et redonner de l'air aux agriculteurs, « on reste chez les Bisounours » alors qu'il faudrait « des mesures plus strictes », sur la grande distribution en particulier.

Lors de ses vœux aux agriculteurs, en Auvergne la semaine dernière, Emmanuel Macron a réalisé « un exercice de muscles, se plaçant comme étant le protecteur de notre agriculture » mais, « en réalité, il creuse la tombe de territoires entiers », a critiqué le chef de file des députés PCF, André Chassaigne. « Le président de la République occulte le pouvoir énorme de la grande distribution et les rapports de domination dans les filières agricoles », a encore lancé cet élu du Puy-de-Dôme, regrettant que dans le projet de loi présenté mercredi, il n'y ait notamment « aucune garantie de prix plancher ».

« Ce que d'une main on promet aux agriculteurs, de l'autre on le défait » avec une « diminution du filet protecteur de la Pac », a ajouté Sébastien Jumel, un porte-parole du groupe communiste. Une réforme des aides européennes aux zones agricoles défavorisées pourrait priver certains de la moitié de leurs revenus. L'élu de Seine-Maritime a évoqué les mobilisations ces derniers jours d'agriculteurs dans plusieurs régions, signe d'« une impatience et de la désespérance du monde agricole », selon lui.

Le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, « risque d'être un berger bienveillant au milieu de brebis galeuses », a aussi relevé Sébastien Jumel, pointant le groupe Lactalis « qui s'assoit sur l'autorité de l'Etat » et le numéro un français de la viande Bigard qui « refuse de transmettre ses comptes ».

André Chassaigne, qui contribue à un prochain rapport parlementaire sur une agriculture durable à l'échelle européenne, vilipende en outre « les politiques de libre échange qui ouvrent les vannes notamment à la viande bovine du Canada », via le traité Ceta, et « demain, le Mercosur » (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), avec qui l'Union européenne mène des négociations.

AFP