le 08/02/2018 à 16:25

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Pau Manifestation d'agriculteurs contre la réforme des « zones défavorisées »

Des agriculteurs à bord d'une centaine de tracteurs manifestaient jeudi à Pau pour dénoncer le projet européen de réforme des « zones défavorisées », un dispositif donnant droit à des aides spécifiques aux éleveurs dont ils refusent d'être privés.

Après avoir déversé du lisier sur la façade de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), ils pique-niquaient devant la Chambre d'agriculture et devaient ensuite défiler dans le centre-ville, selon la police et le syndicat agricole FDSEA, à l'origine de la mobilisation avec les Jeunes agriculteurs.

Leurs collègues de la région Occitanie et du Lot-et-Garonne ont manifesté à plusieurs reprises ces derniers jours mais ont levé les blocages routiers mercredi soir, après des nouvelles « positives » obtenues selon eux lors d'une réunion au ministère de l'agriculture. Celui-ci doit notamment revoir le redécoupage des zones défavorisées avant de soumettre sa copie à Bruxelles afin de réintégrer certaines communes.

« Sur le projet de réforme présenté initialement, nous avions zéro commune classée contre 121 actuellement. Et dans le futur projet nous sommes déjà à 154 (...) Nous avons obtenu des avancées de la part du ministère mais nous voulons aller beaucoup plus loin aujourd'hui pour qu'il y ait vraiment cette reconnaissance d'équité entre les territoires », a expliqué Bernard Layre, président de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques.

Les aides accompagnant le classement en zones défavorisées existent depuis 1976 « pour compenser un handicap naturel. Elles représentent pour une exploitation moyenne 4 à 5 000 euros par an et c'est indispensable au complément de revenu d'un agriculteur », a plaidé Bernard Layre, interrogé par l'AFP.

« Bruxelles édicte qu'on ne doit pas dépasser 1,4 bovin à l'hectare et 1 858 euros de revenus à l'hectare. Or nous avons de très petites exploitations et nous sommes au-dessus, avec plus de 2 000 euros à l'hectare », décrypte le syndicaliste.

Pour Bernard Layre, « la réforme va favoriser des exploitations qui font en moyenne 300 à 400 ha dans l'Indre ou le Cher au détriment des petites exploitations dans des côteaux. »

AFP